La majorité des PME ne s’inquiète pas de la grève
Sauf à Bruxelles : la moitié des PME bruxelloises privilégie le télétravail pour limiter les perturbations
26 januari 2026

Alors que la Belgique se prépare à une semaine de grève des chemins de fer, du lundi 26 au vendredi 30 janvier 2026, de nouveaux chiffres du prestataire de services RH SD Worx révèlent que les PME réagissent très différemment face aux désagréments attendus. La majorité des employeurs flamands (56 %) et wallons (54 %) ne prennent aucune mesure spécifique et s’adaptent uniquement de manière ponctuelle. À Bruxelles, la situation est nettement différente : une PME bruxelloise sur deux a recours au télétravail pour limiter les perturbations. En moyenne, une PME sur dix doit informer ses clients ou fournisseurs de retards potentiels. Les secteurs de l’industrie et du bâtiment sont particulièrement touchés et prennent le plus de mesures pour protéger leur planning et leur production. Ces chiffres proviennent d’une enquête menée auprès de 535 PME belges en décembre 2025.
Les PME bruxelloises optent plus rapidement pour le télétravail
L’enquête de SD Worx montre que les employeurs bruxellois anticipent davantage les perturbations :
- 50 % mettent en place le télétravail pour faire face à la grève
- En Wallonie, ce chiffre est de 21 %
- En Flandre, seulement 11 %
Une étude précédente de SD Worx (2025) avait déjà démontré que les travailleurs bruxellois sont les plus impactés par les grèves des transports publics, ce qui explique en partie pourquoi les entreprises de la capitale adoptent plus rapidement des solutions structurelles.
L’industrie et le bâtiment, les plus touchés
Dans les secteurs de l’industrie et du bâtiment, les entreprises sont contraintes d’ajuster leur fonctionnement :
- 19 % revoient leur planning ou reportent les échéances
- 16 % informent clients et fournisseurs des éventuels retards
- 5 % adaptent leur production
- Seules 10 % peuvent recourir au télétravail pour les fonctions ne nécessitant pas de présence physique
Je ne sais pas si l’on peut vraiment parler de lassitude face aux grèves, mais il est logique que les PME belges gèrent cette réalité de manière pragmatique. En Flandre et en Wallonie, la majorité ne s’en préoccupe pas, mais les plus grandes difficultés opérationnelles se concentrent clairement dans l’industrie et le bâtiment, où la planification et la production sont rapidement mises sous pression.
Une communication en temps utile peut aider
Seule une PME sur sept communique de manière proactive sur les grèves en Flandre (14 %), contre 16 % à Bruxelles et 11 % en Wallonie. Le report des échéances concerne en moyenne 8 % des PME.
Pas de salaire en cas de retard ou d’absence des travailleurs
En raison de la grève annoncée à l’avance, les employeurs belges — et en particulier les PME — risquent de faire face à des absences supplémentaires et à des difficultés organisationnelles. Comme la grève a été annoncée en temps utile, les travailleurs n’ont pas droit au salaire garanti s’ils ne peuvent pas se rendre au travail ou s’ils arrivent en retard. Les travailleurs sont censés prévoir des alternatives, telles que le covoiturage, un transport privé, le télétravail ou le travail dans un bureau satellite.
À la SNCB, le régime de service minimum s’applique à nouveau : les grévistes doivent annoncer leur participation 72 heures à l’avance, après quoi la SNCB fixe l’offre de transport disponible et communique 24 heures à l’avance.
La manifestation du 26 janvier a également des conséquences :
- Les travailleurs grévistes n’ont pas droit au salaire, mais les membres de syndicats reçoivent une indemnité via leur organisation syndicale.
- Les travailleurs non-grévistes qui ne peuvent pas commencer leur travail à cause de la grève n’ont pas non plus droit au salaire et ne peuvent pratiquement pas prétendre au chômage temporaire, en raison du caractère général de la grève.
L’impact concerne aussi bien le secteur privé, les contractuels du secteur public que les fonctionnaires statutaires, bien que des dispositions spécifiques s’appliquent à ces derniers.
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