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Réforme du marché du travail : près d'un quart des PME belges s'attendent à observer une demande de flexibilité supplémentaire

Une plus grande flexibilité en termes d’heures, de jours et de semaines est un atout pour attirer et retenir les talents.
Arbeidsdeal
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Environ un quart des PME belges (comptant jusqu'à 250 salariés) s'attendent à recevoir une demande accrue de « droit à la déconnexion » et de régime de travail hebdomadaire variable de la part de leurs travailleurs d'ici 2022. Une personne sur cinq s'attend également à ce que la demande de la semaine de travail de cinq jours passe à quatre jours. En outre, les heures de travail modulables restent la formule de flexibilité gagnante pour les PME ; elles ne font cependant pas réellement partie du paquet proposé dans le cadre de l'accord sur le travail. Néanmoins, la flexibilité des heures, des jours et des semaines est un atout pour attirer et retenir les talents. Ces informations sont basées sur une enquête menée en mars auprès de 612 chefs d'entreprise et responsables du personnel de PME concernant leur emploi.

    Par le biais de l'accord sur le travail, le gouvernement veut assurer plus de flexibilité. Concrètement, comment les entrepreneurs des PME le perçoivent-ils ? SD Worx a demandé dans quelle mesure il y aurait une demande pour diverses formes de flexibilité dans leur entreprise d'ici 2022.

      Un quart des PME s'attendent une fois de plus à ce que le « droit à la déconnexion » et le régime de travail hebdomadaire variable soient demandés cette année.

      De tous les instruments faisant partie de l'accord sur le travail, ce sont les entrepreneurs des PME qui s’attendent le plus à une demande au « droit à la déconnexion » et à la semaine de travail hebdomadaire variable. Un quart, soit 24,1%, affirme qu'il y aura une demande certaine de « droit à la déconnexion » dès 2022. La demande est plus élevée dans les secteurs des services (25,3%) et plus faible dans le secteur secondaire (17,9%). De plus, près d'un quart (23,9%) des PME belges s'attendent à une demande pour un régime de travail hebdomadaire variable (aussi parfois appelé régime de coparentalité). Ce pourcentage est plus élevé pour les PME de plus de 50 employés (40%) et encore davantage pour les PME de plus de 100 travailleurs (48%).

          Une PME sur cinq s'attend à observer une demande pour une semaine de travail de quatre jours

          Environ une PME sur cinq (22,5%) s'attend à ce que la demande pour la semaine de quatre jours, où un salarié ne travaille plus cinq jours de huit heures, mais quatre jours de 9,5 heures, augmente tôt ou tard en 2022.

          Cela correspond aux enquêtes menées auprès des travailleurs, dans lesquelles environ quatre salariés sur dix indiquent qu'ils souhaiteraient travailler moins de jours, mais plus longtemps. Les hommes (41%) sont plus concernés que les femmes (33%) par cette observation. Cette mesure est également plus populaire au sein des grandes PME qu’auprès de celles comptant moins de 50 travailleurs (<35%).

            La demande la plus forte est celle pour des horaires de travail flexibles

            42% des PME considèrent que la flexibilité des horaires de travail est un instrument qui sera pour sûr, ou au moins certainement, demandé. Il s'agit de la formule de flexibilité gagnante, bien qu'elle ne fasse pas réellement partie du paquet de l'accord de travail.

            Un cadre juridique sur les horaires de travail flexibles existe depuis un certain temps déjà et permet de l'introduire au niveau de l'entreprise, sous réserve de conditions spécifiques. Un aménagement du temps de travail signifie que, en tant que salarié, vous choisissez quand votre journée de travail commence et s'arrête, dans le cadre des accords conclus au sein de l'entreprise. 

              Source : SD Worx mars 2022

                Jean-Luc Vannieuwenhuyse, expert juridique chez SD Worx, résume les idées reçues : « L'accord sur le travail n'est pas une révolution, mais bien une évolution positive. L'intérêt est de rendre la flexibilité plus tangible dans l'organisation du travail. Il suffit de penser à l'exemple concret d’un régime de travail hebdomadaire variable pour les parents en situation de coparentalité. Près d'un quart des entrepreneurs de PME s'attendent à une demande en ce sens, en 2022. La semaine de quatre jours est d’ailleurs également populaire auprès d'une PME sur cinq. » Le spécialiste des PME de SD Worx poursuit : « Nous voyons des employeurs qui sont ouverts aux besoins de leurs salariés. Ils réfléchissent à de nouvelles formules, pour attirer de nouveaux talents en période de pénurie par exemple. Ils veulent des personnes qui s'intègrent dans l'entreprise, pour ensuite les garder. En fin de compte, ils souhaitent parvenir à un « coup de foudre » gagnant. Il s'agit alors de répondre aux attentes de l'individu, sans oublier l'équipe ; de même que trouver un compromis avec une flexibilité adaptée à l'entreprise et à l'équipe. Il ne s'agit jamais de ne penser qu'à soi. »

                  Jean-Luc Vannieuwenhuyse
                  La flexibilité est un atout important pour attirer et retenir les talents.
                  Jean-Luc Vannieuwenhuyse
                  Jean-Luc Vannieuwenhuyse, Expert Juridique, SD Worx

                  A propos de l’enquête

                  Dans le cadre des prévisions trimestrielles de l'emploi de SD Worx, un nombre représentatif de PME en Belgique ont été interrogées pour la 48ème fois sur leurs attentes en matière d'emploi. Entre le 23 février et le 8 mars 2022, 612 entreprises de 1 à 250 salariés ont participé. Il s'agit d'une enquête en ligne auprès des PME en Belgique basée sur un échantillon représentatif, le bureau d'études CityD-WES s'adressant aux répondants par e-mail. L'étude est répétée chaque trimestre. La pondération se fait en fonction de la région et de la taille de l'organisation en fonction de la population des PME. Les résultats sont représentatifs de l'ensemble des PME en Belgique. La pondération est généralement bien inférieure à 2, sauf pour les PME wallonnes. Pour l'ensemble de l'échantillon, la marge d'erreur est de 3,9% (intervalle de confiance de 95%).