Les deux premiers critères concernent l’écart salarial moyen, ventilé entre le salaire de base, d’une part, et les composantes complémentaires et variables, d’autre part. La directive définit exactement comment cet écart doit être calculé : vous prenez le salaire moyen de tous les hommes, puis le salaire moyen de toutes les femmes, vous le soustrayez l’un de l’autre et vous exprimez cette différence en pourcentage du salaire masculin moyen. Si le résultat est positif, les femmes gagnent en moyenne moins que les hommes ; si le résultat est négatif, les femmes gagnent en moyenne plus. Cela semble plus simple que dans la pratique, car une moyenne est particulièrement sensible aux valeurs aberrantes. Par exemple, si un travailleur perçoit un salaire exceptionnellement élevé, cela aura immédiatement une forte influence sur la moyenne pour ce sexe. C’est pourquoi une entreprise avec un homme extrêmement bien rémunéré peut rapidement voir apparaître un grand écart positif entre les sexes, sans qu’il ne soit nécessairement question d’inégalités structurelles.
Justement en raison de la sensibilité d’une moyenne, ces deux critères doivent à nouveau être complétés par leurs équivalents médians tant pour le salaire de base que pour les composantes complémentaires et variables. L’écart médian est également calculé comme la différence entre le salaire médian des hommes et des femmes, à nouveau exprimée en pourcentage du salaire médian des hommes. Souvent, nous constatons que l’écart médian est plus petit que l’écart moyen. C’est logique : là où la moyenne peut être faussée par des valeurs aberrantes (presque toujours vers le haut), la médiane donne une image du travailleur situé au milieu de la distribution. Dans certaines entreprises, il arrive même que l’écart moyen et l’écart médian aient chacun un signe différent. Cela semble contradictoire (les femmes gagnent-elles plus ou moins ? ), mais il s’agit généralement d’un signe que certains salaires exceptionnellement élevés déforment la valeur moyenne, tandis que la comparaison des médianes montre que les femmes, autour du milieu de la distribution salariale, ne sont pas du tout désavantagées. Il est donc utile d’examiner les deux chiffres côte à côte pour comprendre la dynamique interne.