Pas de croissance de l'emploi dans le secteur privé
Les gains dans les services (+12.500) ne compensent pas les pertes dans l'industrie et la construction (-13.000)
27 oktober 2026

Au troisième trimestre 2026, le secteur privé belge compte, selon les estimations, 6.400 emplois de plus qu'il y a trois mois. Cette croissance saisonnière reste toutefois inférieure à celle enregistrée au troisième trimestre 2025 (+7.800) et 2024 (+15.000). Sur une base annuelle, l'emploi privé reste quasiment stable, avec environ 300 emplois de moins qu'il y a un an. Sans la croissance du secteur des soins de santé, partiellement subventionné, la perte atteindrait toutefois près de 3.500 emplois. Les services restent le moteur de la croissance (+12.500 emplois), mais ne parviennent pas tout à fait à compenser les pertes persistantes dans l'industrie et la construction (-13.000). C'est ce que révèle le dernier Baromètre de l'Emploi du prestataire RH SD Worx, réalisé en collaboration avec Ortelius (Econopolis).
Fin septembre, le bilan global du baromètre de l’emploi de SD Worx est négatif : les créations d’emplois dans les services ne suffisent pas à compenser les pertes d’emplois dans l’industrie. De plus, d’autres emplois sont menacés. Fin septembre, près de 13 % de travailleurs supplémentaires étaient concernés par une annonce de licenciement collectif (soit 7 094 personnes) par rapport à la même période l’année dernière. Les annonces récentes concernant GSK et Mediahuis, faites en octobre, ne sont pas encore prises en compte dans ces chiffres. Si ces restructurations annoncées ne se traduisent pas encore par des pertes d’emplois effectives, elles témoignent néanmoins d’une pression croissante sur l’emploi.
Le Baromètre de l'Emploi cartographie l'emploi structurel dans le secteur privé belge sur la base de données salariales actuelles portant sur plus d'un million de travailleurs auprès de 37.000 employeurs. L'analyse se concentre sur les emplois d'une durée d'au moins trente jours et ne tient pas compte des flexi-jobs, du travail étudiant ni de l'intérim.
Les services, toujours moteurs de la croissance de l'emploi
Le secteur privé des services reste le pilier de la croissance de l'emploi en Belgique. Par rapport au trimestre précédent, environ 8.000 emplois ont été créés. Les plus fortes hausses s'observent dans la culture, le sport et les loisirs, les professions libérales et les activités scientifiques, ainsi que dans l'information et la communication. Le commerce de gros et de détail est le seul secteur des services à enregistrer une nette baisse ce trimestre.
Sur une base annuelle également, la tendance reste positive fin septembre. Le secteur des services compte 12.500 emplois de plus qu'au troisième trimestre 2025. Les services de soutien et autres services, l'horeca et les soins de santé affichent la plus forte croissance. Les soins de santé représentent à eux seuls environ 3.200 emplois supplémentaires, soit un quart de la croissance annuelle totale de l'emploi dans les services.
Le commerce de gros et de détail reste en revanche à la traîne, avec 3.400 emplois de moins qu'il y a un an. Dans le secteur de l'information et de la communication, on observe de prudents signes d'amélioration : après les pertes d'emplois enregistrées en début d'année, l'emploi s'est à nouveau stabilisé sur une base annuelle. Il est toutefois encore trop tôt pour parler d'un redressement structurel.
Pas encore de retournement pour l'industrie et la construction
Dans l'industrie et la construction, les pertes d'emplois se poursuivent. Les deux secteurs perdent ensemble environ 1.600 emplois au troisième trimestre par rapport aux trois mois précédents. La prudente stabilisation observée début 2026 n'aura donc été que de courte durée.
Par rapport à septembre 2025, environ 13.000 emplois disparaissent à nouveau. La perte la plus importante se situe dans l'industrie manufacturière, où le nombre d'emplois recule d'environ 8.100 unités. La construction compte 3.400 emplois en moins, et les secteurs de l'extraction, de la production d'énergie et de la production d'eau perdent ensemble environ 1.500 emplois.
Les données du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, disponibles jusqu'à fin septembre, confirment cette tendance par rapport aux licenciements effectivement notifiés. Il convient toutefois de souligner que l'état des lieux présenté dans ce Baromètre de l'Emploi n'intègre pas encore les suppressions d'emplois liées aux licenciements collectifs les plus récents, ce qui pourrait accentuer encore la perte observée dans l'industrie au cours des prochains trimestres.
Les entreprises de taille moyenne créent de l'emploi, les grands employeurs en perdent
L'évolution varie également fortement selon la taille des entreprises. Au troisième trimestre, l'emploi progresse dans les entreprises de taille moyenne et les grandes entreprises, tandis que les petites entreprises perdent des emplois par rapport au trimestre précédent.
Sur une base annuelle, ce sont surtout les entreprises de taille moyenne (50 à 199 travailleurs) qui affichent une croissance, avec environ 3.400 emplois de plus qu'il y a un an. À l'inverse, les grandes entreprises (au moins 200 travailleurs) perdent environ 3.400 emplois. Cette évolution s'explique notamment par leur présence plus marquée dans l'industrie, où les restructurations ont pesé lourdement au cours de l'année écoulée. Chez les petites entreprises, l'emploi reste quasiment stable sur une base annuelle.
La Flandre affiche une légère croissance, la Wallonie perd du terrain
Sur le plan régional, la croissance trimestrielle se concentre principalement en Flandre, où environ 7.000 emplois ont été créés par rapport au deuxième trimestre. En Wallonie, l'emploi reste quasiment stable, tandis que Bruxelles enregistre une légère baisse d'environ 400 emplois.
Sur une base annuelle, la Flandre et Bruxelles comptent respectivement environ 800 et 700 emplois supplémentaires. Pour la Flandre, il s'agit du deuxième trimestre consécutif affichant une évolution positive en glissement annuel, après une longue période de recul. La Wallonie, en revanche, compte environ 1.900 emplois de moins qu'au troisième trimestre 2025.



À propos de la méthodologie
Le Baromètre de l'Emploi de SD Worx repose sur des données salariales actuelles portant sur plus d'un million de travailleurs et 37.000 employeurs en Belgique. Avec une part de marché moyenne de 30 % des travailleurs du secteur privé, hors secteur agricole, il constitue une source unique pour comprendre la dynamique de l'emploi dans le secteur privé belge. SD Worx bénéficie d'une forte présence dans tous les segments de l'économie, des PME aux grands employeurs. Cette vaste base de données offre ainsi un reflet unique de la réalité, notamment en ce qui concerne les entreprises de taille moyenne et grande, ainsi que les entreprises implantées en Flandre et à Bruxelles. Notre analyse corrige les différences dans la composition des employeurs (notamment par région, taille et secteur) afin de garantir la fiabilité des résultats pour l'ensemble du marché du travail belge.
Sur la base de ces données, l'analyse de la croissance trimestrielle du nombre d'emplois dans le secteur privé est effectuée par secteur et par région. Un modèle économétrique spécialement développé permet de calculer une série chronologique d'indicateurs de croissance, calibrés sur les statistiques nationales. Ces taux de croissance sont ensuite appliqués aux chiffres disponibles les plus récents. Nous construisons ainsi notre propre série SD Worx, un baromètre prédictif de l'emploi.
Cette série chronologique étant basée sur un échantillon, des écarts par rapport aux statistiques officielles peuvent apparaître. Le Baromètre de l'Emploi permet néanmoins une prévision précise de la dynamique sous-jacente – croissance ou perte d'emplois – grâce à sa proximité étroite avec l'évolution des statistiques nationales.
L'analyse porte sur l'emploi structurel (emplois d'une durée d'au moins 30 jours). Les flexi-jobs, le travail étudiant et l'intérim ne sont pas pris en compte dans les chiffres. Les résultats se basent sur des observations réelles, ce qui signifie que les fluctuations trimestrielles peuvent en partie être influencées par des effets saisonniers. Pour chaque trimestre, l'analyse se fonde sur 95 % des données finales de SD Worx, les employeurs pouvant encore apporter des modifications limitées après la clôture du trimestre.
A propos de SD Worx
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En tant que partenaire européen de référence pour les solutions RH adaptées à toutes les organisations et à tous les travailleurs, SD Worx propose des solutions logicielles, des services et une expertise en gestion de la paie, de la rémunération, du capital humain et des ressources humaines. Fortement implanté à travers l’Europe, SD Worx accompagne depuis plus de 80 ans des entreprises de toutes tailles pour renforcer l’engagement des travailleurs et assurer leur succès.
En Europe, environ 105 000 organisations, de toutes tailles, font confiance à SD Worx. L’entreprise compte 10 000 collaborateurs répartis dans 27 pays. Chaque mois, SD Worx gère la paie d’environ 6 millions de travailleurs et fait partie des cinq leaders mondiaux du secteur. En 2025, son chiffre d’affaires s’élevait à 1,307 milliard euros.
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