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L’IA s’impose sur le lieu de travail : un travailleur sur quatre craint de voir certaines tâches disparaître

Six travailleurs sur dix réclament davantage de transparence

AI Takeover

L’intelligence artificielle s’installe progressivement au travail en Belgique. Plus d’un quart des travailleurs (27 %) utilisent aujourd’hui régulièrement des outils d’IA dans le cadre de leur travail. Parallèlement, 53 % estiment que l’IA aura peu ou pas d’impact sur leur travail. Un quart (25 %) craignent en revanche que l’IA rende superflue une partie importante de leurs tâches. À mesure que son utilisation se généralise, la demande de transparence augmente également : six travailleurs belges sur dix (61 %) souhaitent que les systèmes d’IA expliquent clairement comment ils prennent leurs décisions. Un enjeu d’autant plus important que des obligations de transparence renforcées prévues par le règlement européen sur l’intelligence artificielle (AI Act) s’appliquent à partir de ce 2 août 2026. Ces chiffres sont issus d’une enquête menée par le prestataire européen de services RH SD Worx auprès de 5 936 responsables RH et 16 500 travailleurs dans seize pays européens.

Près d’un tiers des travailleurs belges (30 %) déclarent utiliser de plus en plus souvent l’IA dans le cadre de leurs tâches quotidiennes. Les avis restent toutefois partagés quant aux effets attendus sur le contenu du travail. Près d’un quart (24 %) pensent que l’IA pourrait donner davantage de sens à leur travail, tandis qu’une proportion comparable (23 %) s’attend au contraire à ce qu’elle le rende moins gratifiant ou plus mécanique. Le groupe le plus important, soit 52 %, prévoit peu ou pas de changement.

    Six travailleurs sur dix réclament davantage de transparence sur les décisions prises par l’IA

    À mesure que l’utilisation de l’IA se développe, les travailleurs belges souhaitent également mieux comprendre son fonctionnement et la manière dont elle prend ses décisions. Six travailleurs sur dix (61 %) estiment que les systèmes d’IA doivent faire preuve de transparence concernant leurs processus décisionnels. Ce besoin de clarté est particulièrement important lorsque l’IA intervient dans des processus susceptibles d’avoir une incidence directe sur les collaborateurs, comme le recrutement, la planification, l’évaluation ou la prise de décisions en interne.

    La transparence ne se limite pas à signaler qu’une technologie d’IA est utilisée. Les organisations doivent également définir clairement les finalités pour lesquelles elle peut être déployée, déterminer qui reste responsable du résultat final et préciser comment les travailleurs peuvent demander la vérification d’une décision ou d’un résultat. Les employeurs peuvent ainsi exploiter le potentiel de l’IA sans perdre la confiance de leurs collaborateurs. Une formation suffisante et une supervision humaine restent indispensables à cet égard.

      L’accompagnement et la maîtrise de l’IA restent essentiels

      Les personnes qui utilisent déjà l’IA constatent au quotidien que cette technologie peut leur faire gagner du temps et accélérer les tâches complexes. Donner simplement accès à des outils d’IA ne suffit toutefois pas. Les travailleurs doivent également comprendre comment les utiliser de manière responsable, évaluer leurs résultats avec un regard critique et identifier les risques éventuels.

      Cet accompagnement n’est d’ailleurs pas facultatif. En vertu de l’AI Act, les employeurs européens sont tenus, depuis le 2 février 2025, de prendre des mesures afin que leurs collaborateurs et les autres personnes qui utilisent ou gèrent des systèmes d’IA pour leur compte disposent d’un niveau suffisant de maîtrise de l’IA. Les travailleurs ne doivent pas devenir des experts, mais ils doivent acquérir les connaissances et compétences nécessaires pour utiliser l’IA de manière sûre, réfléchie et efficace. Pourtant, près de la moitié d’entre eux (47 %) estiment que leur entreprise ne les accompagne pas activement dans la transition vers des méthodes de travail davantage axées sur l’intelligence artificielle.

         Aujourd’hui, l’IA m’aide dans mon travail de différentes manières. D’une part, elle me fait gagner plusieurs heures par mois sur des tâches que je devais auparavant effectuer manuellement. L’IA m’aide à mieux organiser mes fichiers, notamment en renommant les éléments de design. Cela facilite la collaboration avec les développeurs et rend le travail plus propre et plus lisible pour tout le monde. Désormais, l’IA s’en charge et mon rôle se limite à un contrôle de qualité. Cela libère du temps pour des analyses plus ciblées.
         Annelies Auman

        Annelies Auman

        Teamleader International Sales Consultants

        Près de deux tiers des travailleurs estiment que les qualités humaines resteront irremplaçables

        Malgré le rôle croissant de l’IA, les travailleurs belges continuent de croire en leurs propres capacités humaines. Près de deux tiers d’entre eux (65 %) estiment que l’IA ne peut pas remplacer leurs qualités humaines uniques. En parallèle, 25 % craignent que cette technologie rende superflue une partie importante de leurs tâches actuelles. Ce pourcentage est proche de la moyenne européenne, qui s’établit à 25 %. L’Irlande et l’Allemagne affichent des résultats plus élevés, avec respectivement 29 % et 27 %, tandis que la Finlande (21 %) et la France (20 %) se situent en dessous de la Belgique.

        Ces résultats ne sont pas nécessairement contradictoires. Les travailleurs considèrent de plus en plus l’IA comme un outil de soutien, tout en restant attachés à l’expertise humaine, à l’esprit critique, à la créativité et à l’empathie. L’exemple concret de Françoise Lewis illustre cette répartition des rôles : l’IA accélère les tâches répétitives et les analyses, tandis que le collaborateur reste responsable du contrôle de la qualité, de l’interprétation et des décisions finales.

        Près de la moitié des travailleurs belges (48 %) ont confiance dans la capacité de leur organisation à utiliser l’IA de manière juste et éthique. Ce résultat se rapproche de la moyenne européenne de 52 %. La confiance est légèrement plus élevée en Finlande (57 %), aux Pays-Bas (56 %), en Allemagne (53 %), en Irlande et en Norvège (60 %). Les travailleurs français (41 %) et italiens (38 %) se montrent, quant à eux, plus sceptiques. Ces résultats soulignent l’importance de définir clairement les outils qui peuvent être utilisés, les finalités autorisées et la manière dont les collaborateurs doivent en contrôler les résultats.

          AI Act : les obligations de transparence s’appliquent à partir du 2 août 2026

          Ces conclusions interviennent alors que les employeurs belges se préparent à la prochaine phase du règlement européen sur l’intelligence artificielle. Bien que les principales obligations relatives aux systèmes d’IA à haut risque aient été reportées à 2027 et 2028, les obligations de transparence s’appliquent bien à partir du 2 août 2026.

          L’AI Omnibus, entré en vigueur le 27 juillet 2026, reporte définitivement les principales obligations relatives aux systèmes d’IA à haut risque. La plupart des règles concernant les systèmes d’IA autonomes à haut risque, dont de nombreuses applications utilisées dans le domaine de l’emploi et de la gestion du personnel, s’appliqueront à partir du 2 décembre 2027. Pour les systèmes intégrés à des produits réglementés, cette échéance est fixée au 2 août 2028.

          Les obligations de transparence restent toutefois largement applicables à partir du 2 août 2026. Les utilisateurs doivent notamment pouvoir identifier lorsqu’ils interagissent avec une IA, par exemple dans le cas d’un chatbot. Certains contenus générés par l’IA doivent également être clairement signalés comme tels.

          L’obligation relative à la maîtrise de l’IA est elle aussi maintenue. Les organisations doivent prendre des mesures appropriées pour soutenir les connaissances et les compétences de leurs collaborateurs, sans que chaque travailleur doive atteindre un niveau prédéfini.

          Ce report accorde davantage de temps aux employeurs pour se préparer, mais ne supprime pas la nécessité d’agir. Ils ont tout intérêt à cartographier dès maintenant leurs applications d’IA et à accorder une attention particulière à la définition de règles claires, à la documentation, à la supervision humaine ainsi qu’au contrôle des résultats erronés ou discriminatoires.

            À propos de l’enquête internationale auprès des travailleurs

            SD Worx, prestataire européen de référence en matière de services RH et de paie, accompagne les petites et grandes organisations dans leurs défis liés aux ressources humaines et à la gestion de la paie. Afin de rester à l’écoute des employeurs et des travailleurs, SD Worx mène régulièrement des enquêtes approfondies dans toute l’Europe. L’analyse de la dernière étude « HR & Payroll Pulse » fournit aux organisations de précieux enseignements pour affiner leur stratégie RH et de paie et la préparer aux enjeux de demain.

            L’enquête a été menée par le SD Worx Research Institute entre le 27 janvier et le 20 février 2026 dans seize pays européens : la Belgique, l’Allemagne, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, la Croatie, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovénie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Suède. Au total, 5 936 décideurs RH et 16 500 travailleurs ont été interrogés. Les résultats offrent une image représentative du marché du travail dans chacun de ces pays.

              A propos de SD Worx

              Pour SD Worx, le succès repose avant tout sur les personnes. Des collaborateurs engagés ne sont pas seulement le moteur de la croissance de l’entreprise, ils contribuent aussi à la société. En collaboration avec ses clients, SD Worx conçoit des solutions RH efficaces qui améliorent le travail, la qualité de vie et l’impact sociétal.

              En tant que partenaire européen de référence pour les solutions RH adaptées à toutes les organisations et à tous les travailleurs, SD Worx propose des solutions logicielles, des services et une expertise en gestion de la paie, de la rémunération, du capital humain et des ressources humaines. Fortement implanté à travers l’Europe, SD Worx accompagne depuis plus de 80 ans des entreprises de toutes tailles pour renforcer l’engagement des travailleurs et assurer leur succès.

              En Europe, environ 105 000 organisations, de toutes tailles, font confiance à SD Worx. L’entreprise compte 10 000 collaborateurs répartis dans 27 pays. Chaque mois, SD Worx gère la paie d’environ 6 millions de travailleurs et fait partie des cinq leaders mondiaux du secteur. En 2025, son chiffre d’affaires s’élevait à 1,307 milliard euros.

              Plus d’informations sur www.sdworx.com / Suivez-nous sur LinkedIn

              Contact presse

              Eva de Schryver
              Eva De SchryverPR Manager+32 (0)496 02 67 08