Fête des Pères : pour la première fois, plus de papas que de mamans optent pour un congé parental payé, avec réduction d’une demi-journée
Davantage de pères et moins de mères recourent à une interruption de carrière temporaire
14 juni 2026

Pour la première fois depuis l’introduction du congé parental il y a vingt ans, son utilisation recule. C’est la conclusion d’une analyse des chiffres les plus récents de l’ONEM réalisée par le prestataire de services RH SD Worx. Non seulement le congé parental payé est en baisse, mais le crédit-temps à temps partiel pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans suit lui aussi une tendance à la diminution.
Moins de mamans, mais davantage de papas
Le nombre de papas en congé parental augmente (+1 %), tandis que les interruptions chez les mamans évoluent en sens inverse, avec une baisse de 1 %. Concrètement, fin avril 2026, 41 597 pères belges et 66 286 mères belges étaient en congé parental payé dans le secteur privé. Par rapport à l’an dernier, cela représente une diminution d’environ 475 mamans et une hausse d’environ 370 papas.
Pour la première fois en vingt ans, le congé parental payé recule
En Belgique, en 2025, plus de 106 000 parents prenaient encore un congé parental payé (moyenne annuelle). Sur la base des quatre premiers mois de 2026, cette moyenne annuelle tombe à 105 379 parents.
C’est un signal marquant, surtout au regard de l’évolution historique. En 2006, il s’agissait d’environ 31 500 parents. En vingt ans, le congé parental a donc plus que triplé. En 2024, le seuil des 100 000 parents sur base annuelle a été dépassé pour la première fois. La tendance à la hausse semble aujourd’hui s’interrompre.
Un pic en été
Le pic du congé parental payé se situe traditionnellement pendant les mois d’été, avec un sommet en août.
Selon les experts, la baisse récente doit toutefois être analysée plus largement. « Le congé parental et le crédit-temps motivé vont souvent de pair », précise Anneleen Verstraeten, conseillère juridique chez SD Worx.
Le crédit-temps diminue, lui aussi
Le crédit-temps à temps partiel (pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans) continue également de s’éroder. Sur la base des quatre premiers mois de 2026, on observe une baisse de 1,65 % par rapport à l’année dernière1.
En avril 2026, on comptait encore 24.106 parents en crédit-temps à temps partiel. En crédit-temps à temps plein, ils ne sont plus que 2.110, pour la garde d’un enfant de moins de 8 ans.
Les personnes ayant épuisé leurs droits peuvent toujours convenir avec leur employeur d’une interruption de carrière sans indemnité de l’ONEM, ou d’un travail à temps partiel. Dans le secteur public, il existe par ailleurs des formes spécifiques d’interruption de carrière.
Les petites réductions gagnent du terrain
Lorsqu’ils recourent à une interruption de carrière, les travailleurs privilégient de plus en plus des formes limitées. Le régime classique du 4/5ème (un jour de travail en moins par semaine) reste de loin le plus populaire, tant chez les mamans que chez les papas. Au cours des premiers mois de 2026, on observe même davantage de papas que de mamans qui optent pour une réduction d’une demi-journée par semaine : avec 14 700 papas, ils dépassent de justesse les 14 636 mamans en interruption d’1/10ème.
Les mamans choisissent, quant à elles, relativement plus souvent (13 %) que les papas (seulement 6 %) un congé parental à temps plein, même si ce sont précisément les interruptions les plus “lourdes” qui reculent. Chez les papas comme chez les mamans, l’interruption à mi-temps chute fortement depuis début 2026, jusqu’à représenter moins d’un quart du niveau de l’année précédente.
L’impact sur le revenu pèse dans la balance
En cas d’interruption de carrière, le travailleur combine un salaire adapté versé par l’employeur avec une indemnité de l’ONEM. Plus l’interruption est importante, plus l’impact sur le revenu est élevé.
Ainsi, l’indemnité mensuelle de l’ONEM en cas de congé parental à temps plein s’élève à un peu plus de 1.058 euros, alors qu’elle n’est que de 647 euros dans le cadre d’un crédit-temps motivé. En cas de réduction d’1/5e, l’indemnité retombe à environ 180 euros pour le congé parental et à 213 euros pour le crédit-temps motivé. Les personnes isolées bénéficient d’une allocation légèrement plus élevée.

Source : calculs de SD Worx sur la base des données de l'ONEM

Source : calculs de SD Worx sur la base des données de l'ONEM
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