Les PME recruteront moins mais pensent toujours qu’il y aura plus de travail

2 octobre 2017

Pour le quatrième trimestre consécutif, les PME belges envisagent de recruter moins de travailleurs au cours des trois prochains mois. C’est ce qui ressort de la 29e enquête sur l’emploi réalisée par le fournisseur de services RH SD Worx auprès de 547 PME. Au cours des trois prochains mois, 28,3 % des entreprises belges occupant de 1 à 100 travailleurs sondées envisagent de recruter de nouveaux travailleurs. Il s’agit d’une diminution de 4,1 % par rapport au trimestre précédent et de 7,7 % par rapport à la même période l’année dernière. Les PME belges restent cependant optimistes quant à leur carnet de commandes : 35,5 % pensent qu’elles auront plus de travail au cours du prochain trimestre, tandis qu’un niveau historiquement faible de 7,4 % estiment qu’elles auront moins de travail. Ainsi, les entreprises se montrent les plus optimistes quant à la quantité de travail auquel elles s’attendent depuis que SD Worx a lancé son enquête. En général, la Flandre se montre plus positive face aux perspectives économiques que la Wallonie et Bruxelles.

  • 28,3 % des PME envisagent recruter au cours des trois prochains mois.
  • Avec 32,5 %, les PME flamandes sont plus positives que leurs homologues wallonnes (22,3 %) et bruxelloises (22,8 %).
  • 35,5 % des PME croient qu’il y aura plus de travail au cours du prochain trimestre, ce qui est plus ou moins identique aux quatre derniers trimestres.
  • Seuls 7,3 % s’attendent à avoir moins de travail le trimestre à venir. Il s’agit de la plus faible mesure jamais enregistrée.

Près d’une entreprise sur trois recrute, à peine une entreprise sur quinze licencie

Il ressort des chiffres de SD Worx que 28,3 % des PME considèrent recruter au cours du prochain trimestre. Il s’agit d’une baisse de près de 8 % comparé à la même période il y un an, lorsque 36 % pensait encore accueillir de nouveaux collaborateurs. On constate également une baisse par rapport au trimestre précédent. À l’époque, 32,4 % envisageaient encore de recruter. La très grande majorité (74 %) de ces embauches a pour but une extension.

Cette tendance à la baisse s’explique presque entièrement par un recul en Wallonie et à Bruxelles. Avec 32,5 %, les PME flamandes maintiennent plus ou moins le statu quo concernant leur modèle de recrutement par rapport au trimestre précédent (33,8 %) et la même période l’année dernière (34,2 %). En Wallonie, le nombre d’entreprises qui envisagent de recruter a fortement baissé par rapport au troisième trimestre de 2016 (37,6 %) et au trimestre précédent (31 %). À l’heure actuelle, seuls 22,3 % des PME y songent encore. Bruxelles suit le même modèle : désormais, 28,8 % des PME veulent recruter, contre 42,8 % la même période l’année dernière et 28,7 % le trimestre précédent.

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Graphique 1 : les PME qui envisagent de recruter (avec intervalle de confiance)

Toutefois, la majorité des PME ne pensent pas au licenciement. Seuls 7,3 % envisagent de procéder à des licenciements au cours du prochain trimestre et la moitié de celles-ci de remplacer immédiatement le travailleur licencié. Cette tendance est la même dans toute la Belgique. Les travailleurs occupés dans les plus petites PME (qui compte au maximum cinq collaborateurs) sont les plus à l’abri d’un licenciement dans un avenir proche : 5,4 % à peine des employeurs appartenant à cette catégorie considèrent cette possibilité.

« La baisse lente, mais incontestable, de l’optimisme quant aux embauches à court terme se poursuit. Ce qui est étonnant, c’est que les régions affichent un modèle totalement différent. » Déclare Johan Van Duyse, conseiller stratégique PME chez SD Worx.

L’optimisme reste de mise concernant le carnet de commandes

Malgré la baisse du nombre d’entreprises qui veulent recruter, cela fait quatre trimestres de suite que la conviction que la quantité de travail augmentera au cours du prochain trimestre atteint des sommets. À l’heure actuelle, 35,5 % des PME s’attendent à une croissance. Curieusement, le nombre de pessimistes (autrement dit les entreprises qui pensent qu’elles devront se contenter de moins de travail) a presque systématiquement chuté de moitié en l’espace de deux ans : il est passé de 14,2 % en août 2015 à 7,4 % aujourd’hui. En outre, ce dernier chiffre est le plus faible jamais enregistré par SD Worx.

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Graphique 2 : les PME pensent-elles qu’elles auront moins, plus ou la même quantité de travail au cours du prochain trimestre ?

Ici aussi, la différence entre les régions est significative. En Flandre, quelque 40 % s’attendent à avoir plus de travail, en Wallonie, à peine 24,9 %, tandis que Bruxelles atteint 36,5 %.

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Graphique 3 : les PME qui s’attendent à avoir plus de travail au cours du prochain trimestre par région

Plus de travail, plus d’emplois

Il existe un lien évident entre l’intention de recruter et la conviction qu’il y aura plus de travail : parmi les entreprises qui pensent recruter au cours du prochain trimestre, 65 % prévoient plus de travail. Du côté des PME qui n’ont pas d’intentions d’embauche, seuls 23,5 % pensent que leur carnet de commandes augmentera.