Les absences de moyenne durée ont doublé en deux ans chez les moins de 25 ans

La tendance est également à la hausse pour toutes les catégories d’âge

30 août 2021

La crise sanitaire a engendré un lourd impact sur l’emploi ces derniers mois. Après plus d’un an de crise, nous commençons à également distinguer son effet sur l’absentéisme de moyenne durée (entre un mois et un an). Ce sont les jeunes travailleurs qui sont les plus touchés par ce phénomène puisque SD Worx constate une grande augmentation chez les moins de 25 ans et plus largement jusqu’au moins de 34 ans. Ce sont les résultats des calculs effectués par le spécialiste RH SD Worx sur base des données salariales de 70 000 employeurs et de près d’un million de travailleurs belges.

Une tendance générale vers plus d’absentéisme

Lorsque l’on compare les chiffres de janvier 2019 à juillet 2021, le constat est clair : l’absentéisme est en augmentation constante. Pour les absences de courte durée (moins d’un mois), la tendance est à la baisse puisque nous constatons 1,81% d’absentéisme en moins qui peut s'expliquer par le fait qu'aujourd'hui la majorité de la population active est vaccinée. Ces chiffres sont très rapidement remis en perspective puisque les absences de moyenne durée (plus d’un mois et moins d’un an) explosent avec plus de 11% en deux ans et demi.

François Lombard, Senior Consultant chez SD Worx : « C’est une tendance que nous observons depuis quelques temps déjà dans différentes entreprises et de nombreux secteurs. Nous la constations déjà avant la crise mais lorsque nous analysons de plus près les courbes, nous voyons qu’il y a eu une accélération durant la période de la pandémie, avec un pic en avril de l’année passée et un retour à la normal l’été passé. Depuis, la courbe ne cesse de remonter. En tout, près de 3 jours travaillés sur 100 ne l’ont pas été dû à une absence de moyenne durée. Pour les ouvriers, le taux est presque le double de celui des employés, avec un taux d'absentéisme de 4,39 % contre 2,34 %. En janvier 2019, nous étions à une moyenne de 2,4%. Nous avons donc perdu plus d’½ jour sur 100 de travail en deux ans dû à l’absentéisme. C’est un chiffre conséquent pour les entreprises. »


Les jeunes plus touchés que les autres catégories d’âge

Parmi toutes les catégories d’âge, c’est chez les jeunes de moins de 25 ans que la croissance est la plus forte. L’absence de moyenne durée a doublé en 30 mois. La tendance est la même pour les 25-29 ans (+33%) et chez les 30-34 ans (+24%).

François Lombard explique, « Les interactions sociales sont essentielles à tout âge mais en début de carrière, il est important de pouvoir être coaché de manière régulière et d’être fréquemment en contact avec ses collègues afin d’intégrer la culture d’entreprise. Ceci combiné avec les mesures de restriction que nous avons connues dans notre vie privée semble avoir eu un effet sur le moral des plus jeunes et donc leur présence au travail. Nous observons donc un taux d’absence de moyenne durée historiquement haut chez les moins de 25 ans et plus largement chez les jeunes travailleurs. »

De bonnes nouvelles malgré l’absentéisme

Tout n’est cependant pas négatif puisque le nombre de jours travaillés est en hausse en 2021 par rapport à l’année passée. Jean-Luc Vannhieuwenhuyse, expert juridique SD Worx, conclut « L’absentéisme de moyenne durée est inquiétant dans notre pays. Cependant, nous avons tout de même des raisons de nous réjouir ces derniers mois. Le taux de jours travaillés est en hausse en 2021 par rapport à l’année passée et le chômage temporaire lié au coronavirus est au plus bas en juillet. Nous avons donc des raisons d’être satisfaits à l’analyse des différentes tendances. »

À propos de l’enquête

Le prestataire de services RH SD Worx développe l'« Employment Tracker » pour donner un aperçu de l’impact du COVID-19 sur le marché de l’emploi en Belgique. Cet outil offre un aperçu du pourcentage de « jours ouvrés », de l’absentéisme, du chômage temporaire et de la prise de jours de vacances légales. Le plus grand calculateur de salaires de Belgique dresse ainsi un tableau pertinent des secteurs et des régions les plus touchés et les plus actifs. SD Worx se base sur les données salariales de 70 000 employeurs et de près d’un million de travailleurs belges, dont un tiers d’ouvriers et deux tiers d’employés, actifs dans divers secteurs et entreprises de tailles différentes. Ces résultats révèlent une tendance claire chez les employeurs du secteur privé.