90% des employeurs wallons devraient proposer du télétravail après la crise

Alors qu’avant la crise, seuls 50% des employeurs proposaient le télétravail à leurs collaborateurs.

8 juillet 2020

La crise a convaincu bon nombre d’employeurs de l’efficacité du télétravail rendu obligatoire par le gouvernement et a mis en évidence les points d’attention et les critères de réussite pour le futur. C’est ce que démontre une étude menée en juin 2020 par SD Worx et l’Union Wallonne des Entreprises auprès de 222 employeurs, le premier résultat de la nouvelle collaboration entre les deux organisations. Cette enquête avait pour objectif d’analyser l’impact du télétravail sur les entreprises durant la crise et de comparer leurs points de vue par rapport au télétravail « avant » et « après » la crise.

Neuf employeurs sur dix souhaitent continuer à proposer du télétravail

Benoît van Grieken, consultant chez SD Worx: “Après cette période de télétravail forcé, nous constatons qu’ il y aura, après la crise, une augmentation forte des possibilités liées au télétravail auprès des entreprises wallonnes. 90% des employeurs comptent en effet continuer à offrir à leurs collaborateurs la possibilité de faire du télétravail. C’est une augmentation significative car ils n’étaient que 50% avant la crise. Cela représenterait 43% des travailleurs en Wallonie qui devraient continuer à travailler depuis leur domicile. Les chiffres sont plus élevés dans les PME de moins de 50 travailleurs : 62% des collaborateurs feraient du télétravail. »

Pour Olivier de Wasseige, Administrateur délégué de l’Union Wallonne des Entreprises : “C’est une évolution majeure, rarement vue auparavant. L’étude démontre que non seulement les collaborateurs sont demandeurs, mais aussi que d’un point de vue managérial, les employeurs en voient les bénéfices. Selon 92% des entreprises wallonnes interrogées, le télétravail se déroule aussi bien, voire mieux que prévu.”

Le télétravail sur base structurelle augmente : il concernera près d’un tiers du personnel

Un Wallon sur trois pourrait travailler de manière structurelle en dehors du bureau après la crise. Benoît van Grieken de SD Worx précise : « Le télétravail structurel demande en effet l’adoption d’une politique formelle et écrite, avec entre autres une indication claire sur la fréquence du recours au télétravail. On constate que, bien que le télétravail soit déjà pratiqué parmi les répondants, une majorité d’entre eux n’a pas encore de politique formelle et écrite en matière de télétravail et qu’il existe de grandes disparités en fonction de la taille des sociétés. » Les Wallons qui s’adonneraient au télétravail structurel, le feraient entre 1 et 2 jours par semaine. La décision de recourir au télétravail structurel résiderait principalement dans la nature du travail effectué.

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Points d’attention et critères de réussite

Olivier de Wasseige, administrateur délégué de l’UWE: “ Au niveau des points d’attention, l’enquête a mis en évidence la nécessité de mettre en place une infrastructure IT adaptée, de préparer les collaborateurs et les dirigeants à cette évolution dans l’organisation du travail avec un management reposant sur des objectifs et à cultiver la confiance à l’égard de la culture d’entreprise. Une fois ces balises mises en place, le bien-être et l'équilibre vie professionnelle-vie privée des collaborateurs sont les principales raisons pour lesquelles les employeurs mettent en place le télétravail au sein de leur organisation. Le télétravail est en effet reconnu comme un facteur de bien-être, de motivation et d’autonomie pour 80% des employeurs. Nous constatons que les employeurs souhaitent également par ce biais réduire le stress lié aux embouteillages et jouer un rôle pour une meilleure mobilité dans notre pays.»