Âge, diplôme et expérience moins déterminants au moment de recruter un nouveau collaborateur

27 avril 2017

Une PME sur quatre présente actuellement des postes vacants. Pour la grande majorité des dirigeants de PME, ce sont surtout les valeurs humaines, comme l'attitude, la motivation et l'adéquation avec la culture de l'entreprise qui sont déterminantes dans la décision de recruter un nouveau collaborateur. L'âge, le diplôme ou la possibilité d'obtenir des aides à l'engagement sont secondaires. Plus de 65 % des PME pensent pouvoir pourvoir à leurs postes vacants dans les trois mois. Mais près d'une PME sur dix craint de ne pas pouvoir trouver de collaborateurs adéquats. Dans ce cas, la moitié d'entre elles sont prêtes à faire des compromis en matière de recrutement. C'est ce que révèle une enquête menée par le prestataire de services RH SD Worx auprès de 732 dirigeants de PME.
  • Pour neuf PME sur dix, l'attitude et la motivation sont des critères décisifs quand il s'agit d'engager un nouveau collaborateur.
  • La décision n'est basée sur le diplôme que chez moins d’un employeur sur trois.
  • L'âge du candidat (+50) n'a absolument aucune incidence sur les décisions de recrutement.

Plus de 26 % des PME ont actuellement un ou plusieurs postes vacants. Les écarts régionaux sont significatifs : si 41 % des PME bruxelloises sont à la recherche de nouveaux collaborateurs, ce n'est le cas que de 27,5 % des PME flamandes et 17 % des PME wallonnes. Plus la PME est grande, plus les postes vacants sont fréquents : près de 60 % des PME de plus de 50 collaborateurs recherchent de nouveaux travailleurs, alors que ce n'est le cas que de 14 % des plus petites PME (moins de cinq collaborateurs).

Motivation et attitude

Quels sont les critères qui interviennent dans le recrutement d'un candidat ? Avant tout des valeurs humaines, manifestement : pour 92 % des PME, la motivation et l'attitude adéquates sont décisives ; la connaissance de la langue nationale est pertinente pour 79 % des PME, alors que 75 % d'entre elles attachent de l'importance à l'adéquation avec la culture de l'entreprise. Les trois mêmes critères arrivaient en tête du classement d'une enquête similaire de 2015. La disposition à travailler de manière flexible, très actuelle dans le contexte du travail faisable et maniable, arrive en quatrième position (63%).

Expérience, diplôme et âge moins déterminants

On note également plusieurs absences notables dans le top 5 : l'expérience (41%), le diplôme (31%), l'appartenance ou non à un groupe cible permettant à l'employeur de bénéficier de subventions (22%) et l'âge : 16 % des employeurs ne veulent pas engager de plus de 50 ans. Pour quatre dirigeants d'entreprise sur dix en Belgique, un âge supérieur à 50 ans n'a aucune incidence dans la décision de recrutement. Ces résultats sont conformes à ceux de 2015.

Vassilios Skarlidis, conseiller stratégique pour la division PME de SD Worx: «Ce sont des chiffres notables, mais pas étonnants pour autant. Les PME souhaitent vraiment engager et recherchent des gens qui leur conviennent, quel que soit leur rang ou leur âge… Pourvu qu'ils correspondent à la culture de l’entreprise et désirent se retrousser les manches. On préfère intégrer une espèce de « sécurité mentale » qu'opter par définition pour la solution la moins chère. Le fait que seulement 22 % des employeurs attachent de l'importance au bénéfice d'une réduction de groupe cible le démontre. »

motivation

Concessions pour pourvoir aux postes vacants

Deux tiers des PME pensent pouvoir pourvoir à leurs postes vacants dans les trois mois ; 18,5 % d'entre elles estiment qu'elles trouveront un candidat approprié dans les trois à six mois, et elles sont 14,8 % à redouter devoir attendre plus de six mois. Près d'une PME sur dix craint cependant que le poste vacant ne sera jamais pourvu. C'est en Flandre que les PME sont les plus pessimistes (12,3 %), alors que cette crainte est presque inexistante en Wallonie (0,9 %). À Bruxelles, 4,9 % des patrons de PME craignent ne pas pouvoir trouver de candidats appropriés pour les postes vacants actuels.

SD Worx a interrogé les PME sur les concessions qu'elles seraient prêtes à faire pour pourvoir à ces postes vacants. Dans la logique des critères utilisés pour définir le candidat idéal, les entreprises sont disposées à revoir leurs exigences à la baisse si les candidats présentent les compétences adéquates pour progresser (51 %). Quatre employeurs sur dix disent être prêt à faire preuve de flexibilité sur les horaires de travail pour convaincre des candidats potentiels. Le recours au travail intérimaire pour pourvoir aux postes vacants est une possibilité pour 28 % des PME interrogées. « Les employeurs sont en revanche moins disposés à accorder un télétravail permanent (5 %) ou à engager temporairement de l'expertise (coûteuse) afin de former des collaborateurs existants ou nouveaux (3 %).