L'emploi dans les soins de santé n'a pas encore atteint sa vitesse de croisière

20 septembre 2016

Bruxelles, 20 septembre 2016 – Le secteur social et des soins de santé est traditionnellement un vecteur de croissance en matière d'emploi. Il digère toutefois difficilement les années de crise. Si le secteur continue à bien se porter, les hôpitaux rencontrent des difficultés en matière d'emploi et pour pourvoir les postes vacants. Voilà ce que révèle une analyse du prestataire de services RH SD Worx menée auprès de 300 organisations du secteur social et des soins de santé. D'autres observations sont marquantes, comme le fait que le secteur est confronté à un taux d'absentéisme pour cause de maladie plus élevé que dans d’autres secteurs en Belgique. Ces travailleurs sont malades pendant 24 jours en moyenne, ce qui est notablement supérieur à la moyenne nationale de 19 jours.

Les soins de santé, un secteur de croissance?

Par le passé, le secteur hospitalier a toujours généré davantage de croissance en matière d'emploi que le reste de la Belgique. L'évolution nette du personnel (la différence entre les embauches et les départs au sein d'une organisation) était traditionnellement supérieure de 2% à celles des autres secteurs.

Durant la crise qui a sévi de 2012 à 2014, cette évolution nette a subi un fléchissement marquant, avec des chiffres réduits allant de 1,10% à 1,45%. Dans le même temps, les autres secteurs belges affichaient 0,5% et 2%. Depuis l'année dernière, on observe un lent rétablissement dans le secteur hospitalier: l'évolution nette du personnel est en légère augmentation à 2,69%, alors que la moyenne belge se situe à 2,12%. Une augmentation modeste, qui ne lui permet pas de retrouver le niveau antérieur.

Le secteur social (crèches, aide spéciale à la jeunesse, accueil des personnes handicapées) présente une évolution toute différente. Malgré un léger recul durant les années de crise, il reste un pilier de croissance et obtient des scores systématiquement meilleurs en termes d'évolution nette du personnel que les autres secteurs belges. Son évolution nette varie entre 4% et 6,7%.

“Le Bureau du Plan prévoit la création de 46.000 emplois supplémentaires dans le secteur 'social profit' à l'horizon 2021. Dans la pratique, la concrétisation de cette projection sera moins évidente", estime Angelo Montesi, directeur du département maisons de repos chez SD Worx. “Pour les pouvoirs publics, un des points d'attention sera l'encouragement des jeunes à opter pour une formation dans ce secteur. Le travail dans le secteur social et des soins de santé offre pourtant de nombreux avantages, tels que la proximité et la sécurité d'emploi. Bien entendu, il faut se sentir attiré par ce type de métier."

 

Absentéisme maladie: des chiffres élevés

Les métiers des soins de santé sont considérés comme des professions lourdes: 33% de ces travailleurs estiment que leur travail est trop pénible mentalement et physiquement, contre 29% dans les autres secteurs. Ils ressentent aussi davantage de stress (38%) que la moyenne des autres secteurs (30%).

En conséquence, le secteur est confronté depuis plusieurs années à un taux d'absentéisme pour cause de maladie supérieur à la moyenne nationale. Alors que cette dernière était en 2015 de 19 jours (calculée sur la base des personnes absentes au moins 1 jour pour cause de maladie), la moyenne était de 21 jours dans le secteur hospitalier et même de 24 jours dans les centres de soins résidentiels.

Fait marquant: bien que la moyenne de jours d'absentéisme soit sensiblement plus élevée dans le secteur social et des soins de santé, ses travailleurs sont moins souvent malades. En 2015, le personnel des hôpitaux a été 2,01 fois absent pour cause de maladie, contre 2,08 dans les centres de soins résidentiels et 2,1 pour la moyenne nationale.

 

Satisfaction d'ensemble

Ce taux élevé d'absentéisme ne s'explique certainement pas par un manque de motivation. En règle générale, les travailleurs du secteur des soins de santé aiment leur travail. Interrogés quant à la fierté que leur procure leur travail, le 'sens' qu'ils y trouvent et la reconnaissance d'autrui qu’ils reçoivent, leurs réponses cumulées se situent un peu au-delà de 8 sur 10, soit un demi-point de plus que la moyenne nationale.

On observe cependant de nettes différences dans le secteur quant à la mesure dans laquelle les travailleurs conseillent à leurs connaissances de travailler dans leur organisation. Cette 'implication active' des collaborateurs dans le recrutement est non seulement un indicateur important de leur engagement, mais elle est aussi un contributeur essentiel à l'embauche. D'une organisation à l'autre, les différences sont considérables. Dans certaines d'entre elles, près de 50% du personnel n'est 'pas du tout d'accord' avec l'assertion 'Je recommande à mes amis et connaissances de travailler pour mon organisation', alors que, dans d'autres organisations, près de 30% du personnel est 'tout à fait d'accord'.

 

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