46% des entreprises belges se plaignent de l’ accessibilité en raison des files

18 décembre 2012

Les entreprises belges se soucient fortement de la mobilité. Pas moins de 90% d’entre elles se plaignent de leurs difficultés d’accès. Ceci résulte d’une grande enquête mobilité menée auprès de 560 entreprises des secteurs public et privé par SD Worx et Mobimix.be.

Conclusions principales

Bruxelles, 18 décembre 2012. Les entreprises belges se soucient fortement de la mobilité. Pas moins de 90% d’entre elles se plaignent de leurs difficultés d’accès. Presque la moitié des entreprises participantes (46%) répond être difficilement joignable en raison des files. Le pourcentage est même de 75% à Bruxelles. De plus, 40% des entreprises participantes sont difficilement joignables par les transports en commun. Une entreprise sur cinq a déjà été confrontée au refus de candidats valables d’accepter un job chez elles en raison de l’accès difficile.

Les entreprises sont aussi fortement convaincues que travailler à la mobilité porte ses fruits. Pas uniquement pour elles-même, mais aussi pour leurs collaborateurs. La gestion des coûts et la productivité ne semblent pas être les raisons les plus importantes. Une meilleure mobilité aurait surtout une influence favorable sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle, elle serait bonne pour la culture d’entreprise et l’image de l’employeur et renforcerait l’engagement des travailleurs. Pour quatre entreprises sur dix, une bonne mobilité/accessibilité a beaucoup d’influence pour attirer des collaborateurs talentueux.
 
Voitures de société

La voiture de société reste, malgré tout, le mode de transport le plus populaire, elle est proposée par 79% d’entreprises privées et 33% d’organisations publiques. On remarque que 70% des organisations éprouvent des difficultés croissantes à attirer les perles rares sans leur offrir une voiture de société. Notamment la nouvelle imposition sur l’avantage de toute nature a conduit, l’année passée à une diminution de l’émission moyenne en CO2 du parc des voitures de société. De 135 à 131 grammes, alors que l’émission moyenne en 2010 était encore de 150 grammes.


Solutions et alternatives

1. Le vélo présente les meilleurs chiffres comme alternative à la voiture. Deux tiers des employeurs participants (66%) donnent une indemnité vélo. Alors que les coûts pour les emplacements de vélos et les vélos d’entreprise sont à 120% déductibles fiscalement, seulement une entreprise sur cinq offre des bicyclettes à ses travailleurset une entreprise sur trois prévoit des emplacements de vélos au bureau.
 
2. Une alternative, qui fait depuis peu une forte apparition, est le travail à domicile ou le travail à un autre endroit choisi par le travailleur. Les chiffres de l’enquête montrent que les organisations bruxelloises en sont les précurseurs. Dans pas moins de 68% des organisations bruxelloises, les travailleurs peuvent travailler à la maison ou à un autre endroit, alors qu’elles ne sont que 29% en Wallonie.
 
3. Enfin, une alternative récente pour la voiture de société, c’est le budget mobilité c’est-à-dire un budget (fiscalement intéressant) que le travailleur peut utiliser à sa guise pour un certain nombre de modes de transport. Le budget mobilité remplace la voiture de société ou en est un complément. Dans 11% des entreprises offrant une voiture de société, les travailleurs peuvent combiner la voiture de société avec d’autres possibilités de transport, principalement les transports en commun. La principale pierre d’achoppement, c’est le cadre juridique actuel.

Les explications plus en détail

Accessibilité: le défi du futur

Les entreprises belges se soucient fortement de la mobilité. Pas moins de 90% d’entre elles se plaignent de leurs difficultés d’accès. Une sur cinq a déjà été confrontée au refus de candidats valables d’accepter un job chez elles en raison de l’accès difficile. Presque la moitié des entreprises participantes (46%) répond être difficilement joignable en voiture en raison des files. Les pourcentages sont respectivement de 75, 21 et 41% à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre. Les organisations publiques (57%) sont encore plus embarrassées que les entreprises privées où ‘seulement’ 45% d’entre elles en moyenne sont confrontées au problème des files.

Alors que 25.000 places de parking menacent d’être supprimées à Bruxelles, 81% des entreprises bruxelloises se plaignent du manque de places de parking. En moyenne, 20% des entreprises belges font déjà face maintenant à un manque de parking et 54% craignent ne pas pouvoir offrir suffisamment de places de parking dans un avenir proche.


On remarque aussi que 40% des entreprises participantes sont difficilement joignables par les transports en commun, vu le nombre limité de haltes ou les correspondances difficiles. Comme on pouvait le penser, on remarque des différences régionales. Surtout les entreprises wallonnes (57%) sont confrontées à ce problème. Les organisations bruxelloises, quant à elles, peuvent être atteintes le plus facilement par les transports en commun. De plus, deux entreprises wallonnes sur trois (68%) disent également être difficilement accessibles en raison des pistes cyclables non sécurisées ou inexistantes. En Flandre, les pistes cyclables ne semblent être un obstacle que pour 23% des entreprises.

Les organisations sont fortement convaincues que travailler à la mobilité porte ses fruits. Pas uniquement pour elles-mêmes, mais aussi pour leurs collaborateurs. La gestion des coûts et la productivité ne semblent pas être les raisons les plus importantes. Une meilleure mobilité aurait surtout une influence favorable sur l’équilibre vie privée-vie professionnelle, elle serait bonne pour la culture d’entreprise et l’image de l’employeur et renforcerait l’engagement des travailleurs. Pour quatre entreprises sur dix, une bonne mobilité/accessibilité a beaucoup d’influence pour attirer des collaborateurs talentueux.


Les voitures de société: la vache sacrée des trajets domicile-travail

La voiture de société reste, malgré tout, le mode de transport le plus populaire; elle est proposée par plus de 7 organisations sur 10 (79% d’entreprises privées et 33% d’organisations publiques). On remarque que 70% des organisations éprouvent des difficultés croissantes à attirer les perles rares sans leur offrir une voiture de société. Pour beaucoup d’organisations, la voiture de société est un avantage alléchant et un outil stratégique pour attirer et conserver ses collaborateurs. Au niveau interne, les voitures de société font partie intégrante de la stratégie salariale et elles renforcent l’image de l’organisation pour le monde extérieur.

Deux tiers (64%) des organisations interrogées pensent cependant que le volume de son parc de voitures de société restera stable à long terme (>5 ans). Une organisation sur cinq (20%) voit même son parc automobile grandir.

Suite au nouvel impôt sur les voitures de société de 2012, les travailleurs ont vu leur avantage imposable augmenter de 18% en moyenne. Depuis 2012, la direction et les cadres supérieurs paient 51% d’impôts en plus, les cadres moyens 22%. La hausse était bien plus faible (1%) chez les employés ordinaires.

L’année passée, cette mesure fiscale a engendré une diminution du taux moyen d’émission en CO2 de 135 à 131 grammes, alors que l’émission moyenne était encore de 150 grammes en 2010.


Cette évolution a débuté en 2010, avec l’introduction du coefficient CO2 comme base de calcul de l’avantage de toute nature. Le parc des voitures de société vire structurellement au vert depuis.


Les récents glissements dans le parc des voitures de société sont en premier lieu dictés par des motifs économiques. Les initiatives les plus populaires sont celles qui ont un impact budgétaire direct. Les nouvelles mesures fiscales sous Di Rupo I ont ainsi notamment conduit à une prolongation de la durée des contrats de leasing, généralement à 5 ans et à un nombre plus élevé de kilomètres par voiture.

La liaison de la fiscalité à l’écologie a cependant pour conséquence que toujours plus d’entreprises imposent des limites en taux d’émission. Ainsi, 42% d’entre elles imposent à leurs collaborateurs un taux maximum d’émission en CO2 dans le choix d’une voiture de société. Ces dernières années, 54% des organisations ont déjà repris des voitures plus ‘vertes’ dans leur flotte et cette action est planifiée pour 24% d’autres. D’autres actions liées au renforcement de la flotte ‘verte’ sont l’exclusion de voitures polluantes telles que les SUV’s, un recalcul des budgets en fonction du CO2, plus de modèles avec des moteurs moins puissants et l’introduction de voitures hybrides.

Mais les cours d’ecodriving deviennent aussi toujours plus populaires. Seulement 3% des organisations offraient un tel cours en 2010, elles étaient 10% en 2012 et 11% des entreprises l’envisagent dans un proche avenir (voir annexe pour les détails: ‘Actions voitures de société’).

On remarque aussi que 60% des organisations interrogées estiment qu’on pourrait discuter d’une imposition supplémentaire sur les voitures de société et 78% choisiraient même cette voie si les charges salariales étaient abaissées. Presque sept entreprises sur dix (68%) trouvent qu’on pourrait discuter d’une augmentation d’impôt sur ces voitures si les revenus supplémentaires sont investis dans la mobilité, par exemple en diminuant les files ou en développant encore les transports en commun.

Alternatives: vélos, travail à domicile, budget mobilité

Le vélo présente les meilleurs chiffres comme alternative à la voiture. Deux tiers des employeurs participants (66%) donnent une indemnité vélo; 26% offrent des vélos d’entreprise. Et des douches pour les cyclistes et les motards sont présentes dans 60% des entreprises interrogées. Ces pourcentages sont encore plus élevés dans le secteur public: là, 90% des employeurs donnent une indemnité vélo et 70% des organisations proposent un vélo d’entreprise. Ce système a beaucoup moins de succès dans le secteur privé. Seulement 19% des entreprises proposent des vélos d’entreprise, alors que les coûts pour des emplacements de vélo et des vélos d’entreprises sont à 120% déductibles fiscalement.

Une alternative, qui fait depuis peu une forte apparition, est le travail à domicile ou le travail à un autre endroit choisi par le travailleur. Les chiffres de l’enquête montrent que les organisations bruxelloises en sont les précurseurs. Dans pas moins de 68% des organisations bruxelloises, les travailleurs peuvent travailler à la maison ou à un autre endroit. On peut travailler à la maison dans la moitié des organisations bruxelloises. Dans 10% d’entre elles, on peut aussi travailler dans des bureaux satellites et 8% d’entre elles laissent leurs collaborateurs libres dans le choix de leur lieu de travail.

Ce ‘rôle de précurseur’ trouve sa cause dans la problématique de la mobilité dans la périphérie bruxelloise, mais est également dû au fait que ces organisations sont généralement actives dans le secteur des services. 81% des entreprises wallonnes, qui sont moins confrontées aux problèmes de files, répondent que leur personnel travaille toujours d’un lieu fixe. Ce qui frappe aussi, c’est le peu de différences entre les secteurs public et privé, mais là aussi l’urbanisation et les jobs de services avec une certaine autonomie semblent être des facteurs importants pour travailler à domicile.



Enfin, une alternative récente pour la voiture de société, c’est le budget mobilité c’est-à-dire un budget (fiscalement intéressant) que le travailleur peut utiliser à sa guise pour un certain nombre de modes de transport. Le budget mobilité remplace la voiture de société ou en est un complément. D’après l’enquête, seulement 3% des entreprises interrogées proposent un tel budget.

Les entreprises y voient certains écueils: 82% des entreprises ont peur d’avoir encore plus d’administration; 80% pensent que le cadre juridique actuel rend ‘trop complexe’ l’introduction d’un tel budget et 86% craignent encore d’avoir des coûts supplémentaires en termes d’organisation et d’administration. Environ la moitié (47%) des organisations est cependant favorable à tel budget. Le pourcentage est de 58% à Bruxelles.

“Les règles juridiques concernant la mobilité diffèrent selon le type de trajet (professionnel, privé ou domicile-travail), selon le mode de transport, selon la source juridique (ONSS, fisc, droit du travail) et selon le niveau de réglementation (loi, secteur, entreprise, individual). Un budget mobilité a une portée générale et se doit d’appliquer toutes ses règles. Une application correcte dans la pratique est donc quasi impossible. La première condition pour un budget mobilité est donc un alignement des règles. Et cela ne devrait pas être trop difficile”, nous dit Jean-Luc Vannieuwenhuyse, expert juridique chez SD Worx.


Plus d’informations?
Jean-Luc Vannieuwenhuyse, press officer SD Worx.
+32 (0) 476 20 25 79, jeanluc.vannieuwenhuyse@sdworx.com

Au sujet de l’enquête
En collaboration avec Mobimix.be, plateforme pour une gestion de flotte écologique, SD Worx a rebaptisé son enquête sur les voitures de société en une grande enquête sur la mobilité: 506 entreprises belges des secteurs privé et public ont répondu à 40 questions portant notamment sur les voitures de société, les parcs automobiles, les émissions en CO2, la fiscalité, les solutions alternatives de mobilité, le travail à domicile, les espaces de coworking, l’impact de la mobilité et le budget mobilité comme alternative au budget des voitures de société.

Au sujet de Mobimix.be
Mobimix.be est une plateforme sur la mobilité professionnelle durable. Les fleet managers, les responsables de mobilité et les autres professionnels actifs dans la mobilité restent au courant des dernières évolutions dans le paysage de la gestion durable de flotte, la gestion de la mobilité, l’Eco-driving et la fiscalité grâce à une plate-forme web avec de l’information à jour, des bonnes pratiques, des events inspirants, des ateliers approfondis et une conférence annuelle. Mobimix.be est une collaboration entre BBL, VITO, VSV, Mobiel21 et les autorités publiques flamandes.

Au sujet de SD Worx
SD Worx offre un service complet dans le domaine du payroll, des RH et du Tax & Legal dans pas moins de 27 pays européens. 2.000 collaborateurs servent près de 50.000 clients, tant des PME que de grandes organisations, dans les secteurs privé et public. Ils se chargent du calcul salarial et de l'administration des salaires, des formations, de la recherche RH, du sociojuridique, de la consultance fiscale et RH, de logiciels spécialisés pour les services du personnel et offrent un soutien sur place.
SD Worx calcule chaque mois plus de 1.300.000 salaires et possède des bureaux à Anvers (HQ), Berlin, Breda, Bruxelles, Francfort, Gand, Hasselt, Courtrai, Louvain-la-Neuve, Luxembourg, Liège, Paris et Strasbourg. SD Worx est le co-fondateur de la Payroll Services Alliances responsable de 5.700.000 calculs salariaux.