Pouvez-vous employer des étudiants cet été ? Nos recommandations.

Par Geert Vermeir - 1 juillet 2020 - Temps de lecture: 7 minutes

Corona

Les grandes vacances ont commencé ! C’est le moment idéal pour les étudiants qui veulent gagner un peu d’argent de poche. Pour vous et votre entreprise, les jobistes sont des remplaçants de choix pendant cette période de congé. Le coronavirus sonne-t-il la fin de la fête ? De nombreux entrepreneurs se demandent s’ils peuvent engager des étudiants et si oui, à quelles conditions ? Mettons les choses au point !



Avant toute chose, dissipons un malentendu : l’Europe ne durcit pas de manière générale les règles applicables aux jobs étudiants pour contrer le risque de contamination au coronavirus. Seuls certains emplois spécifiques dans des secteurs à hauts risques font l’objet de conditions supplémentaires. Il n’est pas du tout question d’une interdiction générale du travail étudiant.

L’analyse des risques comme baromètre

Si vous voulez faire appel à des étudiants jobistes pendant les mois d’été, vous devez d’abord évaluer le risque pour les jeunes d’entrer en contact avec le virus sur le lieu de travail. S’il y a un risque « accru », une directive européenne interdit aux étudiants d’y travailler. Prenez les jobs en maison de repos et de soins, dans les hôpitaux et les laboratoires… Notez que la Belgique doit tout d’abord mettre en œuvre cette directive pour qu’elle prenne effet.

Les étudiants courent également un risque d’infection s’ils ont des contacts réguliers avec les clients – dans les secteurs de la distribution ou de la restauration par exemple. Mais ce risque n’est pas plus élevé que s’ils évoluaient ailleurs dans l’espace public. C’est l’analyse des risques – toujours obligatoire pour le travail étudiant – qui établit s’il y a un risque et si ce risque est élevé. Contactez à cet effet votre conseiller en prévention et le Service externe de prévention et de protection au travail. Bien sûr, veillez toujours à prendre les mesures de prévention adéquates : distanciation sociale, hygiène des mains, port du masque buccal…

Exception à l’interdiction européenne

Lorsque le risque est accru, vous pouvez malgré tout employer des étudiants si :

  • L’étudiant a atteint l’âge de 18 ans ;
  • L’étudiant suit une filière d’études correspondant à l’activité professionnelle interdite ;
  • Vous avez pris les mesures préventives nécessaires ;
  • L’étudiant travaille en présence d’un employé expérimenté ;
  • • Vous avez consulté au préalable le conseiller en prévention et le Comité pour la prévention et la protection au travail.

Pas de cumul avec le chômage temporaire

Certains employeurs voient dans le travail étudiant une solution « plus économique » que le retour au travail de leur personnel permanent en chômage temporaire pour cas de force majeure. Ce n’est pas l’intention, bien sûr. La position de l’ONEM est claire : si vous mettez en chômage temporaire des employés permanents pour cause de coronavirus, vous ne pouvez pas confier leur travail à des tiers – étudiants, flexi-jobistes ou intérimaires par exemple.

Cette interdiction est certes limitée à la fonction ou au service concerné par le chômage temporaire. Si un travailleur invoque lui-même le cas de force majeure – par exemple parce qu’il est infecté ou appartient à un groupe à risque ¬– l’interdiction ne s’applique pas davantage.

Travailler plus, c’est possible

Le régime favorable du travail étudiant est en principe limité à 475 heures par an. Conséquence positive de la crise : le gouvernement a décidé que le nombre d’heures de travail des étudiants au deuxième trimestre ne sera pas compté. Les étudiants peuvent donc effectuer plus d’heures cette année. Une baisse des cotisations patronales est également applicable – 5,42 % au lieu des 25 % habituels ou plus – sur les heures travaillées en avril, mai et juin.

Vous cherchez de la main-d’œuvre pour les mois d’été ?

Vous vous interrogez sur les conditions qui régulent le travail temporaire ? La réponse se trouve dans notre blog spécifique ou dans nos digiFAQ pour les étudiants. Vous pouvez également poser la question à un de nos collègues : contactez-nous et nous vous aiderons volontiers.

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