Nouvelle norme salariale : un fromage belge à trous

Par Valérie t’Serstevens - 20 mai 2021 - Temps de lecture: 3 minutes

Coût salarial

La norme salariale pour les deux prochaines années est fixée à 0,4 %. En tant qu’employeur, vous êtes évidemment soucieux de savoir combien les salaires de vos travailleurs peuvent effectivement augmenter. Cette marge de 0,4 % peut sembler minime, mais une rémunération intelligente ou une approche plus efficace permet quand même de maximiser cette norme.

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Une politique salariale réfléchie encourage les collaborateurs à se surpasser : meilleures sont les prestations, meilleure sera la rémunération. Une telle politique va à l’encontre des principes mécaniques de l’indexation des salaires, des augmentations barémiques ou de l'application de la norme salariale qui garantissent une augmentation pour tous. Ces mécanismes laissent peu de marge pour une différenciation salariale, à moins d’opter pour une approche intelligente grâce à ces trois conseils :

1. Optez pour le rendement le plus élevé possible

Si les coûts salariaux augmentent – même faiblement – vous devrez débourser davantage ? Par contre, votre travailleur ne ressentira guère les effets de cette augmentation de salaire. Autrement dit, il s’agit d'une dépense sans rendement immédiat. En maximisant la norme salariale avec des chèques-repas supplémentaires, qui bénéficient d’un traitement fiscal plus favorable, l'avantage profite aussi bien à votre collaborateur qu’à l’employeur.

2. Voyez plus loin que le bout du nez

En principe, le calcul de la norme salariale tient compte de toutes les augmentations salariales traditionnelles. Toutefois, certains éléments de la rémunération en sont d’office exclus, tels que les avantages non récurrents liés au résultat (ledit bonus CCT 90) et la prime bénéficiaire. Cette année, tous les efforts consentis dans le cadre des mesures liées au coronavirus – tels qu’un jour de vacances supplémentaire, la prime destinée au personnel soignant ou les chèques consommation – ne seront pas non plus pris en considération. Par conséquent, les possibilités dépasseront 0,4 %.

3. Tirez profit d’une approche plus efficace

En procédant différemment, vous pouvez également faire baisser vos coûts salariaux moyens et bénéficier de plus de possibilités pour mener une politique salariale. Moins d’heures supplémentaires ou de sursalaire, l’embauche d’un jeune débutant – moins cher – pour remplacer un collaborateur pensionné... sont autant de solutions pour générer une marge salariale. En théorie, il se peut même qu’une augmentation d’environ 3 % ne relève vos coûts salariaux que de 0,4 %. Tant que vous veillez à ce que les coûts salariaux moyens n’explosent pas.

Que faire si vous dépassez le pourcentage fixé ?

Si vos coûts salariaux moyens dépassent 0,4 %, vous risquez une amende administrative pouvant aller jusqu’à 5 000 euros. Voilà pour la théorie. Dans la pratique, la moyenne – et donc également une éventuelle infraction – ne peut être constatée qu’à la fin de la période de deux ans pour laquelle la norme salariale a été fixée. À ce moment, le salaire est déjà payé et ne peut pas être récupéré.

Découvrez également les quatre idées reçues tenaces sur la norme salariale, et notre réponse à ce sujet.

Un combat kafkaïen

Pour les juristes, la définition de la norme salariale constitue essentiellement un exercice mécanique. Les coûts salariaux ne peuvent dépasser le pourcentage fixé. Cela fonctionne peut-être au niveau macro-économique, mais s’avère plus compliqué au niveau de l’entreprise. Vous pouvez en effet difficilement demander à vos délégués commerciaux de vendre moins par crainte que leur commission transgresse la norme salariale.

Il y a donc lieu d’appliquer cette loi en faisant preuve de bon sens.

Des questions sur la norme salariale ?

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