Maladie de longue durée : que pouvez-vous faire ?

Par François Lombard - 1 février 2018 - Temps de lecture: 3 minutes

Motiver & engager

Le nombre de travailleurs absents pour une longue durée continue d'augmenter : près de 12,3 % des travailleurs dans le secteur privé belge sont restés chez eux entre un mois et un an l'année dernière pour cause de maladie ; l'année précédente, ce chiffre s'élevait à 11,7 %. C'est ce qui ressort d'une enquête auprès de plus de 700 000 travailleurs et 20 500 entreprises belges dans le secteur privé. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on. Que pouvez-vous entreprendre alors pour limiter au maximum les absences de longue durée ? Et si l’un de vos collaborateurs est en arrêt de travail, comment veiller à ce que son retour se fasse dans les meilleures conditions ?

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Depuis l’adaptation de la loi bien-être de 2017, vous êtes obligé, en tant qu’employeur, de prendre des mesures pour prévenir les risques psychosociaux et les burn-outs. Vous ne devez donc pas seulement soutenir vos collaborateurs individuellement, mais également réaliser une analyse générale des risques, développer une politique de prévention du burn-out et sensibiliser votre personnel.

Il ne s’agit pas d’un luxe inutile, car le coût des absences de longue durée est élevé et  Plus encore, nous avons vu ces coûts augmenter sensiblement ces dernières années : par ex. pour une organisation de 100 travailleurs, il s'agit en moyenne de 100 000 euros par an, sans compter les frais indirects. Pensez à la perte de connaissances et d’expérience, et à la charge de travail supplémentaire des collègues. Il est aussi parfois nécessaire de chercher un remplaçant. Ces changements et ces coûts peuvent être source d’irritations pour vous et votre personnel.

En tant qu’employeur, vous pouvez mettre en place quelques mesures pour éviter les absences de longue durée.

1. Passez de bons accords

Vérifier ses mails dès le réveil et juste avant d’aller dormir : pour une grande partie des jeunes travailleurs – entre 25 et 35 ans –, il s’agit d’une habitude quotidienne. Bien que ce ne soit souvent pas nécessaire, ils ressentent la nécessité impérieuse d’être joignable en permanence : en dehors des heures de bureau, pendant un arrêt maladie ou en vacances. Cette connexion permanente joue un rôle dans le nombre croissant de collaborateurs de la jeune génération touchés par un burn-out. Un effet néfaste de la numérisation du travail.

Pourquoi ne pas organiser une formation en time management et lancer le débat avec vos collaborateurs sur les concepts de « temps » et de « productivité » ? Certaines entreprises rendent même impossible l’envoi de mails en dehors des heures de travail. Des mesures radicales, mais parfois salutaires pour protéger votre personnel.

2. Travailler sur l’engagement

Une étude démontre que les collaborateurs très engagés sont jusqu’à 50 % moins absents pour maladie et qu’ils subissent moins de stress négatif. En résumé, stimuler l’engagement est le moyen préventif par excellence pour réduire les maladies de longue durée. Créer une bonne ambiance entre collègues, accorder plus d’autonomie à chaque collaborateur et offrir de réelles opportunités de développement personnel font partie des mesures qui contribuent à rendre le travail plus agréable et moins stressant.

La sous-traitance de processus payroll ou RH, un bienfait

Cela fait peut-être quelque temps que vous cherchez à élaborer une nouvelle politique de formation, à réaliser une nouvelle analyse de données ou à mener une campagne de promotion de votre image d’employeur... mais votre charge de travail ne le permet pas. Enregistrement des heures supplémentaires, gestion du parc automobile, rédaction des contrats, calcul des primes de fin d’année ou du pécule de vacances… autant de tâches qui nécessitent beaucoup de travail et que vous pouvez externaliser à des spécialistes sans problème. Vous dégagez ainsi plus de temps pour les projets de RH stratégiques qui contribuent à la croissance de votre société et l'engagement de vos collaborateurs.

3. Et le salaire ?

Un salaire plus élevé n’est pas un moyen miracle de lutter contre les absences de longue durée. Mais si la rémunération n’est pas équitable, l’engagement baisse. Ce qui a bel et bien une influence sur les absences. En laissant vos collaborateurs composer eux-mêmes une part de leur package salarial, vous leur donnez l’autonomie qu’ils réclament depuis si longtemps. Et des collaborateurs enthousiastes sont tout simplement moins absents !

 

Se remettre en selle

 Il peut tout de même arriver qu’un collaborateur soit absent pour une longue durée. Depuis le 1er janvier 2018, vous pouvez démarrer un trajet pour les collaborateurs absents depuis plus de 2 ans. Ce n’était pas le cas jusqu’à l’an passé.

Vous pouvez démarrer un trajet de réintégration dès qu’un collaborateur est en incapacité de travail depuis 4 mois. La procédure est la suivante :

1. Le conseiller en prévention-médecin du travail (CPMT) vérifie si le collaborateur peut effectuer le travail, adapté ou non.
2. Si le collaborateur est d’accord, le CPMT consultera le médecin traitant, le médecin conseil ou toute autre personne pouvant contribuer à la réussite de la réintégration.
3. Le CPMT vérifie également le poste de travail et l’environnement.
4. Il résume ses conclusions dans un dossier et prend une décision. Si sa décision est positive et que le collaborateur concerné a marqué son accord, vous pouvez élaborer un plan de réintégration avec lui.

Astuce !

Plus l’absence du collaborateur est longue, plus son retour au travail sera difficile. En cas d’absence de longue durée, il est nécessaire de faciliter la reprise du travail en proposant un ensemble de tâches adaptées et d’entamer le dialogue avec le collaborateur pour savoir ce que vous pouvez prendre en compte pour améliorer son retour. Vous pouvez également faire appel à un service externe de prévention pour obtenir des conseils adaptés à ce sujet.

Peopel analytics : suivez la situation de près

La collecte d’indicateurs de maladie pertinents dans un rapport d’absentéisme est une première étape pour savoir quelles initiatives mettre en place. En observant le taux d’absentéisme – le nombre de jours d’absence par rapport au nombre total de jours de travail – le pourcentage d’absence et le facteur Bradford, vous pouvez, dans l'intérêt de vos travailleurs et de votre organisation, (mieux) ajuster votre politique aux défis de votre entreprise.

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