Numérisation au travail : prévenir les effets néfastes

Par Frederik Somers - 25 janvier 2018 - Temps de lecture: 3

Digitalisation

Que les applications numériques offrent de nombreux avantages est indéniable. Cependant, de trop nombreuses organisations lancent de nouveaux outils sans mesurer l’impact que ceux-ci vont avoir sur leurs collaborateurs, et sans savoir s’ils en tireront de véritables avantages. Frederik Somers, Business Unit Manager People & Digital Transformation, donne son point de vue sur la façon dont les entreprises peuvent mener des actions pour prévenir leurs effets néfastes.

L’obésité numérique – l’usage exagéré d’applications et d’outils numériques – reste un problème de taille. C’est ce qu’a révélé le dernier Digimeter du centre de recherche Imec, un projet d’étude annuel qui permet de cartographier l’usage des médias et des technologies numériques chez les Flamands. En 2017, l’imec a interrogé à cette fin 2 345 Flamands de plus de 15 ans.

Beaucoup trop

Les tendances les plus marquantes révélées par ce sondage sont l’augmentation du nombre de smartphones et la dépendance à ceux-ci. Ce sont surtout les vingtenaires et les trentenaires qui vivent leur sur-connection comme problématique. Le problème ne se limite pas à la vie privée. Au travail également, les collaborateurs se débattent avec une surabondance d’applications et d’outils. Et cela a des conséquences négatives pour l’entreprise, comme une productivité en baisse, un engagement moindre et même des cas de burn-out.

Les « digital natives » rencontrent aussi des difficultés

Jusqu’à présent, ceux qu’on appelle les « digital natives » étaient injustement traités comme s’ils constituaient un seul et même groupe, selon le professeur Lieven De Marez de l’imec et de l’Université de Gand. Aujourd’hui, on considère que ce groupe comprend en réalité 2 sous-catégories qui font un usage différent des technologies. Ainsi, il faut distinguer le groupe des 15-25 ans, qui vont encore à l’école, et celui des 25-35 ans. Souvent, ces derniers ont déjà un travail et une famille, et rencontrent plus de difficultés à combiner cette réalité avec les habitudes prises en grandissant. Celles-ci sont chronophages et ne peuvent plus être maintenues dans leur phase de vie actuelle. Au bureau, vous ne pouvez par exemple pas tenir de conversations interminables sur WhatsApp ou échanger constamment des photos avec Snapchat.

De plus, les frontières entre vie privée et vie professionnelle sont de plus en plus floues, surtout parmi les jeunes collaborateurs. Ils installent de plus en plus souvent des applications professionnelles sur leur smartphone personnel, tels que leur e-mail ou des applications de travail collaboratif comme Yammer. Il est difficile pour certains de réellement arrêter de travailler après leurs heures de travail.

Réfléchir préalablement aux conséquences

Si vous googlez l’expression « outils de travail collaboratif », vous obtenez 396 000 résultats. Si vous faites votre recherche en anglais, vous en obtiendrez 58 millions. Sans parler du nombre d’outils qui vous promettent de vous aider à améliorer votre productivité individuelle. Affirmer qu’il existe une surabondance d’outils revient à enfoncer des portes ouvertes. Pourtant, les entreprises surfent sur cette tendance et introduisent parfois de telles applications dans leur organisation. Le mieux serait de lancer préalablement un projet pilote avec un nombre limité d’utilisateurs et d’évaluer si tous ces outils profitent réellement au travail de vos collaborateurs.

Trop souvent, nous voyons également des organisations prévoir un accompagnement insuffisant au moment de lancer, selon leurs collaborateurs, « une énième » application. Cela provoque des erreurs d’utilisation, ce qui a une influence négative sur la productivité, et peut-être même sur la satisfaction des clients et leur engagement. Vous avez donc tout intérêt à investir dans un entraînement suffisant.

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