Montée persistante en Belgique de l’absentéisme de courte durée

(18/02/2010)
  • Absentéisme historiquement élevé en 2009 (2,45%)
  • La grippe mexicaine est la cause d’un absentéisme record durant les derniers mois de 2009
  • Pas d’impact important du rude hiver sur l’absentéisme en décembre 2009 et janvier 2010

Bruxelles, 18 février 2010 - L’absentéisme pour cause de maladie de courte durée (maladie de moins d’un mois) a atteint un nouveau record en 2009. A l’exception de 2004, où on a connu une baisse, l’absentéisme grimpe depuis huit années d’affilée.  Les chiffres élevés de 2009 sont notamment dus à la grippe et aux refroidissements saisonniers et probablement aussi à la crise qui a engendré plus de stress au travail.
 
L’absentéisme est le plus élevé en Wallonie (2,65%) et le plus bas en Flandre (2,41%), Bruxelles se situe entre les deux (2,46%). Au niveau provincial, Namur a le pourcentage le plus élevé d’absentéisme (2,96%) et le Luxembourg le pourcentage le plus bas (2,25%). Enfin, on remarque également que le rude hiver n’a pas eu d’impact important sur l’absentéisme en décembre 2009 et janvier 2010.
 
Comme chaque année, SD Worx examine en Belgique l’absentéisme pour cause de maladie. Les résultats pour 2009 portent sur 484.232 collaborateurs de 14.592 organisations différentes. Le pourcentage d’absentéisme est la proportion du nombre de jours de maladie par rapport aux jours à prester. L’absentéisme de courte durée est l’absence pour maladie pour une durée inférieure à un mois.
 

Sommet historique

Bien que 43% des organisations belges aient déclaré en 2008 avoir l’intention de vouloir se pencher sur l’absentéisme en 2009, le pourcentage d’absentéisme a atteint un sommet historique en 2009. Avec un taux moyen de 2,45%, il est désormais de 10% supérieur à celui de 2002, et même de 15% par rapport à 2004 qui fut une bonne année.
 

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Ce record historique semble en partie dû aux absences plus fréquentes pour cause de grippe ou autres refroidissements saisonniers, et ceci tant en début qu’en fin d’année. Les chiffres les plus élevés coïncident en effet avec les pics de grippe et de coups de froid constatés durant cette période.  La grippe mexicaine a également fait des ravages avec une montée forte de l’absentéisme en octobre et novembre 2009. On ne peut cependant pas faire ici la distinction entre les cas réels de grippés et les personnes qui présentaient les symptômes de la grippe et qui sont restées à la maison.  Le principe de précaution a peut-être ici aussi joué un rôle: les employeurs de ces personnes peuvent, par précaution, leur avoir demandé de ne pas se présenter au travail.   
 
On ne peut pas non plus exclure le stress dû à la crise comme facteur déclenchant. D’après une enquête de SD Worx menée auprès de 3.000 travailleurs belges (SA Belgique), il apparaît qu’un tiers des belges a travaillé plus ardemment en raison de la crise. Parmi ceux-ci, surtout les femmes déclarent avoir fait spontanément des heures supplémentaires, alors que les hommes ne l’ont fait qu’à la demande de leur employeur. Ce rythme de travail plus élevé peut avoir causé plus de stress et donc plus d’absentéisme.
 
Ce qu’on remarque aussi pour 2009, c’est que la limite de 3% a été dépassée trois fois (en janvier, en février et en octobre). Cela ne se produit en principe qu’une fois par an, en février, quand la grippe saisonnière frappe le plus fort. Des chiffres élevés d’absentéisme ont également été constatés durant les mois d’août, de septembre et de novembre.
 
Absentéisme belge pour cause de maladie de courte durée 2002-2009
 
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
janvier
2,8%
2,2%
2,1%
2,4%
2,3%
2,3%
2,6%
3,1%
février
2,8%
2,8%
2,5%
3,1%
3,0%
3,6%
3,2%
3,2%
mars
2,5%
2,6%
2,4%
2,8%
2,8%
2,7%
2,8%
2,5%
avril
2,2%
2,3%
2,1%
2,3%
2,1%
2,0%
2,7%
2,1%
mai
1,8%
1,9%
1,9%
1,9%
2,0%
1,9%
2,1%
2,1%
juin
2,3%
2,0%
2,2%
2,2%
2,1%
2,4%
2,5%
2,2%
juillet
1,6%
1,6%
1,5%
1,5%
1,5%
1,7%
1,7%
1,6%
août
1,4%
1,5%
1,5%
1,5%
1,5%
1,6%
1,6%
1,7%
septembre
2,3%
2,5%
2,3%
2,3%
2,4%
2,5%
2,4%
2,7%
octobre
2,6%
2,7%
2,8%
2,6%
2,7%
2,8%
2,9%
3,4%
novembre
2,2%
2,4%
2,0%
2,2%
2,4%
2,6%
2,4%
2,7%
décembre
2,0%
2,6%
2,2%
2,3%
2,2%
2,3%
2,2%
2,2%
 

Namur a les chiffres les plus élevés d’absentéisme, le Luxembourg les plus bas.

Pour 2009 également, on constate de fortes différences régionales. L’absentéisme est le plus élevé en Wallonie (2,65%) et le plus bas en Flandre (2,41%), Bruxelles se situe entre les deux (2,46%).
 
La province de Namur tient le haut du pavé avec un absentéisme moyen de 2,96% en 2009. Elle est suivie par le Hainaut (2,74%) et Liège (2,69%). La province du Luxembourg détient les meilleurs scores pour la partie sud du pays (2,25%).
 

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Le rude hiver n’a pas eu d’impact important. Janvier 2010: 2,45%

Le pourcentage provisoire d’absentéisme de janvier 2010 est de 2,45%. Si on fait exception du mois de janvier 2009 qui a connu un véritable pic, janvier 2010 reste donc plus ou moins dans les mêmes proportions que les mois de janvier des années précédentes. Décembre 2009 était aussi dans la même lignée que les années précédentes.
 
Ce qui nous fait dire que le rude hiver qu’on a connu n’a pas eu une répercussion importante sur le taux d’absentéisme belge.

Approche urgente de l’absentéisme

La constatation la plus importante est que les organisations belges ne parviennent pas à endiguer les records d’absentéisme.
 
Le chiffre d’absentéisme est un bon indicateur de la condition générale d’une organisation. L’absentéisme est surtout une forme de comportement. La manière selon laquelle le collaborateur se sent motivé, engagé et concerné, détermine son comportement. Pour les employeurs, l’absentéisme pour maladie de courte durée est la forme qui a le plus d’impact négatif sur l’organisation du travail.  De plus, la rémunération des ouvriers et employés est en effet garantie durant une certaine période et représente dès lors le coût le plus important de l’absentéisme.
 
L’absentéisme est dès lors cher pour l’employeur. Il coûte en moyenne 78.500 EUR par an à une organisation de 100 travailleurs. Bien qu’il existe des différences entre les entreprises, les organisations qui ne font rien pour l’absentéisme ont donc du pain sur la planche. ‘Le pourcentage élevé d’absentéisme démontre l’importance d’une politique d’absentéisme pro-active et intégrée,’ répond François Lombard, expert absentéisme chez SD Worx.
 
Pour plus d’informations, vous pouvez vous adresser à:
François Lombard, SD Worx, 0479 79 14 17 ou francois.lombard@sdworx.com ,  
Frédéric Williquet, SD Worx, 0478 88 83 22 ou frederic.williquet@sdworx.com.
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