Un Belge sur trois craint pour son job

(16/09/2009)
  • Le travailleur belge n’entrevoit la fin de la crise que vers l’été 2011
  • Plus grande incertitude d’emploi dans le textile, la construction mécanique et le métal
  • Pour 76% des travailleurs, pas de différence de salaire par rapport à la période avant la crise
  • 91% des plus de 45 ans estiment qu’il est difficile, voire très difficile, de trouver un nouvel emploi en ce moment

Le climat au travail est toujours morose. Bien que l’économie se redresse lentement, les perspectives sur le marché de l’emploi pour les années à venir restent sombres. Un Belge sur trois craint pour son job. Ce sont surtout les travailleurs du secteur privé (42%) qui sont inquiets. Les plus préoccupés sont les isolés, les travailleurs entre 40 et 49 ans et ceux qui travaillent dans le Brabant wallon et le Hainaut. Les Wallons et Flamands réagissent différemment face à la récession. Alors que 78% des Flamands estiment que la récession n’a pas d’influence sur leur fonctionnement au travail, trois-quarts des travailleurs wallons répondent qu’ils travaillent plus intensément sous la pression de la crise.

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C’est ce qui résulte d’une enquête de SD Worx menée en juin de cette année auprès de 3.000 travailleurs belges. Le sondage portait entre autres sur l’impact de la crise sur le fonctionnement des travailleurs.

La crise dure encore 27 mois

La crise économique ne prendra fin que lorsque la crise sur le marché du travail sera passée. L’enquête démontre que les travailleurs belges voient la crise se prolonger jusqu’à l’été 2011 (27 mois). Celui qui travaille en Wallonie est plus pessimiste (35 mois) que celui qui travaille dans une entreprise flamande (23 mois). Ce qui frappe aussi, c’est que les membres de la direction et les hauts cadres voient en moyenne durer la crise dix fois plus longtemps que les cadres moyens et inférieurs.

Les femmes, les travailleurs PME et les Wallons travaillent plus fort durant la crise

La majorité des travailleurs belges travaillent encore avec la même intensité qu’avant la crise: six travailleurs sur dix ont effet répondu que la récession n’a pas d’impact sur leur fonctionnement au travail. Une petite minorité (7%) dit être démotivée par la récession et travailler moins dur. Les autres, c’est-à-dire un tiers de la population active, admettent être plus motivés que jamais pour affronter la crise. Ils travaillent plus intensément qu’avant la crise.

Beaucoup de femmes (40%) travaillent plus dur. Deux tiers d’entre elles disent même spontanément faire plus d’heures supplémentaires. 29% des hommes disent travailler davantage. Plus souvent que les femmes, ils ne prestent des heures supplémentaires que si le patron le demande. Surtout aussi les travailleurs des PME de 5 à 19 travailleurs travaillent plus (45%), une nouvelle preuve que les PME, représentant plus de la moitié de l’emploi en Belgique, sont le moteur de notre économie.

Ce qui frappe aussi, ce sont les différences entre le Nord et le Sud du pays: 78% des flamands disent ne pas travailler plus ou plus intensément depuis la récession, alors que  74% des travailleurs wallons répondent qu’ils sont plus motivés que jamais par la crise.

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Grande influence de la culture d’entreprise en temps de crise

SD Worx a constaté que la culture d’entreprise a une grande influence sur l’engagement des collaborateurs. Dans les sociétés innovantes, accordant beaucoup d’importance à la prise de risques, à la créativité et à la croissance, 65% des collaborateurs répondent que la récession n’a pas d’impact sur leur fonctionnement. Les collaborateurs de telles entreprises sont en effet habitués à s’adapter rapidement aux circonstances changeantes.

Dans les entreprises mettant l’accent sur le respect des règles, où les procédures et contrôles sont importants, la crise a par contre un plus grand impact sur le personnel. Les travailleurs de ce type d’entreprises travaillent plus intensément depuis le début de la crise. Pour obtenir les résultats d’entreprise, ils veillent encore plus qu’avant au respect des procédures et règles.

La plus grande incertitude d’emploi dans le textile, la construction mécanique et le métal

Le sondage a également demandé aux travailleurs s’ils craignaient pour leur emploi en ces temps de crise. Un Belge sur trois (33%) a répondu positivement à cette question. Plus de travailleurs du privé (42%) que du secteur public (18%) sont inquiets pour leur job. L’incertitude est aussi grande chez les isolés (35%), les 40-49 ans (37%), les travailleurs des petites PME de moins de cinq travailleurs, où presqu’un travailleur sur deux craint pour son job (45,7%), et les collaborateurs qui ont moins de deux ans d’ancienneté. 38% de ceux qui gagnent moins de 1.500 EUR brut par mois ont également peur de perdre leur emploi. Enfin, ce sont surtout les travailleurs du Brabant wallon (42%) et du Hainaut (35%) qui craignent pour leur job.

Pessimisme sur le marché de l’emploi

Une majorité de Belges (76%) pense enfin qu’il est (très) difficile de trouver actuellement un nouvel emploi. Les plus optimistes sont les habitants du Brabant flamand. Un quart d’entre eux disent qu’il est actuellement relativement facile de trouver un nouveau job. Les plus pessimistes sont les Liégeois et les Limbourgeois. Les personnes avec une fonction administrative, logistique ou de marketing pensent également qu’il est difficile de trouver un nouvel emploi dans le climat actuel. Les jeunes sont moins pessimistes que les plus âgés et une fois passés les 45 ans, le pessimisme est encore plus grand: 91% des travailleurs de cette catégorie d’âge ne voient pas leurs chances actuelles sur le marché du travail d’un si bon œil.

Situation salariale inchangée pour la plupart des travailleurs

La crise n’a pas eu de conséquences financières pour une grande majorité de Belges (76%).  Pour 13% de la population active, on a cependant raboté leur package salarial. Il peut tant s’agir d’un salaire variable inférieur que d’un salaire fixe moins élevé (moins d’augmentation salariale en plus de l’index). Les entreprises font également des économies sur les avantages (cartes-carburant, indemnité GSM) . Chez les ouvriers, les jours de chômage économique ont fait baisser leur salaire.

Le groupe de travailleurs pour lequel on a épargné sur le package salarial était supérieur en Flandre (16%) par rapport à la Wallonie (9%). Dans la province d’Anvers, un travailleur sur cinq a vu son package salarial se réduire. Les cinq groupes de fonctions pour lesquels la crise a eu le plus d’impact sur le salaire sont l’ingénierie, la production, la finance, les média et la qualité, sécurité et milieu. Très peu, voire personne, n’a vu son salaire diminuer dans l’enseignement, les soins de santé et les fonctions juridiques.

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61% des personnes interrogées dans l’enseignement répondent d’ailleurs travailler plus fort en raison de la crise.  Ce constat est remarquable car ils sont suivis à bonne distance par les travailleurs des média (52%) et du marketing (48%), qui sont bien plus sombres quant à leurs perspectives d’emploi que ceux de l’enseignement. 82% des travailleurs de l’enseignement dit ne pas craindre pour son emploi.

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Jean-Luc Vannieuwenhuyse, SD Worx, 0476/20 25 79, jeanluc.vannieuwenhuyse@sdworx.com

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