Les dirigeants directs consacrent trop de temps aux tâches opérationnelles. L’entreprise leur demande de réaliser un travail plus stratégique, mais leur formation est insuffisante pour ce faire. Entretemps, leurs collaborateurs ne reçoivent pas assez de coaching et de feed-back, et ne participent pas à un nombre suffisant d’entretiens de motivation. Seul un collaborateur sur trois est d’avis qu’il règne une culture propice au développement des talents au sein de son entreprise.
Ces résultats figurent dans l’enquête SD WORX intitulée Pratique de la gestion du personnel, Situation des RH, un sondage biennal auprès de 300 gestionnaires des ressources humaines et de chefs d’entreprise portant sur les activités du département RH et une enquête annuelle auprès de 3500 collaborateurs de SA en Belgique.
Besoin de davantage de travail stratégique
La « gestion des ressources humaines » et « l’obtention de résultats financiers » figurent en tête de la liste des tâches prioritaires attribuées par les entreprises à leurs gestionnaires d’équipe. Les dirigeants ne se chargent pas encore de ces thèmes dans la même mesure (respectivement 54 et 53%).
Ils sont visiblement submergés par des tâches opérationnelles (72%). Pourtant, les entreprises souhaitent qu’ils consacrent moins de temps à celles-ci (50%) au profit de tâches stratégiques (54%). À ce jour, elles ne sont exécutées que par 40% des dirigeants (cf. graphique 1).
Le besoin de soutenir une politique des talents et, partant, de s’atteler à des tâches stratégiques, est encore souvent oublié par les dirigeants parce qu’ils planchent sur les activités quotidiennes.
Graphique 1. Comparaison entre les tâches des dirigeants directs souhaitées par l’entreprise et les tâches effectivement exécutées

Gestion des talents : il y a encore du pain sur la planche !
Les salariés ne sont non plus totalement satisfaits de la gestion des talents menée au sein de leur entreprise. Seul un collaborateur sur trois (36%) est d’avis qu’il existe au sein de son entreprise une culture encourageant le développement des talents.
Un peu plus de la moitié de tous les collaborateurs (53%) a également le sentiment que ses talents sont correctement utilisés par le patron (cf. graphique 2). Ce sentiment varie en fonction inverse de l’âge puisqu’il va de 65% chez les moins de 25 ans à 48% chez les plus de 50 ans.
Un nombre presque similaire de collaborateurs (56%) estiment que leurs dirigeants ont une bonne vue d’ensemble de leur potentiel de croissance. Cependant, les collaborateurs ont le sentiment que cette conviction a surtout trait à leur fonction actuelle (39%) et nettement moins à un éventuel autre poste (17%).
Graphique 2. Les dirigeants exploitent-ils correctement les talents des collaborateurs ?

Les dirigeants exercent un rôle décisif pour la diffusion de la culture du développement des talents au sein de l’entreprise. Cependant, seule la moitié des femmes interrogées se sent suffisamment stimulée par son chef pour poursuivre son développement (cf. graphique 3).
Chez les hommes, ce pourcentage est encore plus faible, puisqu’il se situe à 43%. La moitié des entreprises (53%) estime néanmoins que le développement des talents est avant tout une tâche qui incombe aux dirigeants.
Graphique 3. Le dirigeant stimule-t-il le développement de vos talents ?

Le salarié prend lui-même des initiatives pour que son talent soit reconnu, mais il lui manque le soutien du patron dans le développement et le suivi de sa carrière
Les salariés indiquent qu’ils doivent eux-mêmes prendre les rênes : 59% estiment devoir attirer efficacement l’attention de leurs chefs sur leurs talents.
Cependant, un grand nombre de salariés souhaitent un soutien de la part de leur chef dans le développement de leur carrière. La demande est plus importante que l’offre : 38% attendent de leur dirigeant qu’il participe au balisage et au suivi de leur carrière, alors qu’aujourd’hui seuls 18% des collaborateurs peuvent bénéficier d’un tel soutien. Les collaborateurs plus jeunes nourrissent plus d’attentes en matière d’accompagnement et de suivi que les collaborateurs plus âgés, et en bénéficient aussi davantage. Le fossé entre les attentes des collaborateurs et l’accompagnement effectivement dispensé par les dirigeants est le plus profond chez les collaborateurs plus âgés.
Il importe donc que les dirigeants accordent de l’attention à l’accompagnement et au suivi des carrières. Chaque entreprise a tout intérêt à (re)connaître ses talents, à les motiver, à les coacher, à accompagner leur carrière, à les conserver, etc.
Graphique 4. Rôle du dirigeant dans l’accompagnement de carrières

Pour tout complément d’information, veuillez vous adresser à :
Veerle de Jong, SD WORX, tél. 03/220 22 69 of 0478/26 26 19, veerle.dejong@sd.be
ou Liesbeth Rogiers, Trimedia, tél. 02/713 09 01, lrogiers@trimedia.be