Optimisme flamand et pessimisme wallon sur les perspectives d’emploi
La légère augmentation de la confiance des travailleurs masque la diminution de la confiance en soi des ouvriers et des cadres
9 juin 2011 - par Dirk Van Bastelaere
- 52% des travailleurs flamands pensent trouver facilement un autre job, alors que 80% des travailleurs wallons pensent tout le contraire
- 16% des Belges actifs cherchent activement un autre job
- La confiance dans le marché du travail a le plus fortement augmenté chez les spécialistes du marketing, les informaticiens et le personnel de l’horeca
- La confiance en soi a pris un fameux coup chez les ouvriers et les cadres
Cette confiance est surtout présente en Flandre: 52% des flamands actifs pensent pouvoir trouver facilement un autre job. Cette quête d’un nouvel emploi semble plus difficile pour 80% des travailleurs wallons. Les six derniers mois, la confiance dans le marché du travail a le plus fortement augmenté chez les spécialistes du marketing (+35%), les informaticiens (+28%) et le personnel de l’horeca (+25%), alors qu’elle a fortement baissé chez les consultants (-12%) et les fonctions scientifiques (-16%). Entre-temps, 16% des Belges actifs cherchent activement un autre job.
Ceci apparaît de l’enquête de SD Worx et Références sur la confiance des travailleurs belges. Ce baromètre est le résultat de la moyenne de trois composantes: (1) la confiance dans le marché du travail, (2) la confiance dans l’organisation et (3) la confiance en soi du travailleur. Ce baromètre est le pendant de la confiance des chefs d’entreprise et sert à mesurer l’atmosphère sur le marché du travail et dans les entreprises. Depuis le lancement en décembre 2010, la confiance des travailleurs est passée de 5,9 à 6,2/10.
La confiance des travailleurs en mai 2011
La confiance n’a cessé d’augmenter depuis le début, à l’exception de la confiance des travailleurs en eux-mêmes. Elle a baissé pour la première fois en mai 2011. Alors que les travailleurs belges sont en général d’avis qu’il est plus facile de trouver un autre job, ils sont moins optimistes quant à leurs propres chances sur le marché du travail (-1,9%) et leurs possibilités de carrière (-1,2%) par rapport à mars 2011.On constate aussi des différences régionales étonnantes: 52% des Flamands actifs pensent pouvoir trouver facilement un autre job, alors que 80% des Wallons pensent tout le contraire. De plus, 74% des Flamands trouvent que le marché du travail leur offre actuellement beaucoup de possibilités, ils ne sont respectivement que 34% et 48% chez les travailleurs wallons et bruxellois. 78% des Flamands croient également dans leurs propres chances, ils ne sont que 60% en Wallonie et 55% à Bruxelles.
Le pessimisme dans ses propres chances est surtout dû au contingent des ouvriers, qui – plus que les employés- sont plus pessimistes sur leurs propres capacités (-2,2%), leurs chances sur le marché du travail (-2,6%) et leurs possibilités de carrière (-1,5%).
Alors qu’on constate une augmentation des offres d’emploi, les ouvriers butent sur les exigences élevées de qualification des employeurs. D’après une autre enquête de SD Worx auprès de 5.000 travailleurs, il apparaît que la baisse de confiance des ouvriers dans leurs propres capacités est liée à leurs possibilités plus limitées de développement et de progression. Les ouvriers reçoivent relativement moins de chances d’apprendre de nouvelles choses et de développer leurs talents. Ils disposent aussi de moins d’autonomie dans leur job et sont moins reconnus pour leurs prestations, ce qui apparaît notamment dans le manque de participation dans les décisions. Ces facteurs ont une influence négative sur leur engagement envers leur organisation, mais minent également leur confiance dans leurs possibilités de développement et leurs capacités. Ce qui joue aussi naturellement, c’est la sécurité d’emploi qui est plus fragile chez les ouvriers.
La confiance dans l’organisation: peu de chances d’être licencié
La reprise économique n’a pas uniquement une influence positive sur la confiance dans le marché du travail, elle est également bénéfique pour la confiance des Belges dans leur entreprise (de 6/10 à 6,1/10). A cet égard, les travailleurs ont tant confiance dans leur management (crédible, honnête, respectueux, suffisamment d’opportunités,…) que dans leur propre emploi. Ils estiment qu’ils ont peu de chances d’être licenciés dans un avenir proche. 84% des Flamands interrogés le pensent et 70% au niveau wallon. De tous les facteurs qui ont une influence sur la confiance générale des travailleurs, la sécurité d’emploi obtient le meilleur score (7,1/10).
Ici aussi, on remarque une différence entre les ouvriers et les employés. Chez les employés, la confiance dans l’organisation est passée de 6 à 6,2/10 depuis mars 2011. Chez les ouvriers, elle a baissé de 6 à 5,9/10.
Et on observe la même baisse chez les cadres (tant chez les cadres inférieurs, moyens que supérieurs). Les cadres ont encore une confiance grandissante dans le marché du travail, ils ne l’ont plus dans leur entreprise. Leur confiance a baissé de 6,4 à 6,3/10 depuis mars 2011. Plus que leurs collaborateurs, les managers sont confrontés à de toujours plus fortes fluctuations sur le marché, ce qui rend difficile une gestion à long terme et nécessaire une approche à court terme.
La baisse de confiance en soi chez les cadres suit la baisse de confiance des entrepreneurs
La confiance dans le marché du travail et dans l’entreprise est donc de manière générale à la hausse, ce qui n’est pas le cas pour la confiance du travailleur belge en lui-même. Elle régresse de 6,6 à 6,5/10 par rapport à mars 2011, mais les Belges sont cependant encore toujours plus confiants en eux-mêmes qu’en décembre 2010 (6,4/10). Surtout la perspective de carrière semble troublée. Les travailleurs sont un peu plus pessimistes sur leur carrière et semblent être plus modérés quant à leurs propres capacités. Ici aussi, les exigences élevées de qualification des employeurs peuvent avoir un impact. Seuls 49% des travailleurs bruxellois croient en une carrière à succès, ils sont 61% parmi les Flamands et 57% parmi les Wallons.La baisse la plus forte de la confiance en soi est à constater chez les cadres. Sur toute la ligne, ils présentent un score inférieur par rapport à mars 2011, mais il est toujours plus élevé qu’en décembre 2010. Une exception : le pessimisme dans leurs possibilités de carrière est le plus élevé depuis le début de l’enquête. La perspective à long terme semble donc momentanément plus trouble qu’en décembre 2010.
De plus, les cadres estiment moins grandes leurs chances sur le marché du travail et leurs propres capacités par rapport au trimestre précédent. ‘Diriger n’est plus une question de management’, dit Jan den Nieuwenhuijzen, administrateur délégué de SD Worx. ‘Nous remarquons que les capacités classiques de management ne peuvent plus solutionner les problèmes. Les managers voient les choses top-down. Il faut faire place aux leaders qui créent plus d’espace pour les collaborateurs qui peuvent prendre leurs responsabilités de manière autonome’.
Enfin, ce qui frappe, c’est que la baisse de confiance des cadres correspond à la baisse de confiance des entrepreneurs. Pour la première fois depuis janvier 2009, on constate en effet, en avril 2011, une diminution significative de la confiance des entrepreneurs.
Comment a-t-on procédé?
On a mesuré la confiance dans un sondage réalisé en ligne auprès de 1000 Belges. L’échantillon était représentatif de la population active belge et reprenait à la fois des travailleurs et des demandeurs d’emploi. Le questionnaire contenait 16 affirmations. Il a été demandé aux participants dans quelle mesure ils étaient d’accord avec les affirmations sur le marché du travail, l’organisation dans laquelle ils travaillent et leurs propres chances et capacités.Les résultats pour ces trois sujets ont été regroupés dans les rubriques ‘confiance dans le marché du travail’, ‘confiance dans l’organisation’ et ‘confiance du travailleur en lui-même’. Le score moyen de ces trois domaines donne la confiance générale du travailleur belge. Tant la confiance dans ces trois domaines que la confiance générale des travailleurs belges, on les présente à l’aide d’un baromètre sur une échelle de 10 points. Plus élevé est le score, plus élevée est la confiance.
Ce sondage a lieu trois fois par an. En mars, septembre et décembre, Références et SD Worx vous donneront le niveau de confiance des travailleurs.
À propos de Références
Pour ses lecteurs et surfeurs, Références est une source permanente d’informations qualitatives sur la carrière et le monde du travail en général, mais aussi une source quotidienne d’annonces d’emploi. Références recherche constamment le meilleur moyen pour jouer l’intermédiaire entre les entreprises désireuses de recruter et les candidats à la recherche de nouvelles opportunités. Via les 4 piliers (Papier, Internet, Evénements et Base de données), Références se positionne pour le recrutement d’un nouveau talent dans des domaines de compétences variés, et offre par son approche multimédia une plateforme adéquate à son leadership.À propos de SD Worx
SD Worx est un prestataire de services RH européen qui a son siège social en Belgique. Le groupe offre une prestation de services complète en matière d’occupation de personnel, qui comprend le calcul et l’administration des salaires, la formation, la recherche RH, une consultance socio-juridique, fiscale et en matière de RH, un logiciel spécialisé destiné aux services du personnel ainsi qu’un appui sur place.SD Worx offre des solutions dans le domaine de l’occupation internationale dans plus de 25 pays, depuis ses bureaux ou par le biais de partenaires de qualité. Quelque 2.000 collaborateurs servent plus de 43 000 clients, tant des PME que de grandes organisations, dans les secteurs privé et public.
Avec plus de 1 200 000 traitements salariaux par mois, SD Worx est le troisième plus grand prestataire de services RH en Europe et le leader du marché en Belgique.
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